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La qualification : quoi et comment ?

Au cours du doctorat, nul besoin de s’en préoccuper. Toutefois, lorsqu’on commence à voir la lumière au bout du tunnel, il faut impérativement s’y intéresser si l’on souhaite poursuivre avec une carrière d’enseignement-recherche dans le supérieur. Voici quelques éléments à garder en tête concernant la qualification avant la fin du doctorat et juste après.

Pour compléter la lecture de ce billet, n’hésitez-pas à suivre le webinaire du collège des doctorant.es de la SAES (généralement autour de septembre) qui présente avec plus de détail le CNU et la procédure de qualification pour l’année en cours.

La qualification : qu’est-ce que c’est ?

'God Speed' by Edmund Blair Leighton (1900)
‘God Speed’ by Edmund Blair Leighton (1900)

Afin de pouvoir candidater à des postes permanents de Maître.sse de Conférences (MCF) dans le supérieur, il faut bien sûr avoir soutenu une thèse, mais la réussite au doctorat n’est pas une condition suffisante. En effet, il faut, après la thèse, avoir été jugé.e digne de pouvoir exercer les fonctions de MCF, c’est-à-dire, avoir été « qualifié.e». Un panel d’expert.es jugera votre dossier académique et décidera si vous y êtes apte. La qualification, qui est valable quatre ans, c’est votre ticket pour être autorisé.e à postuler, mais elle constitue une démarche distincte de celle des campagnes pour devenir MCF.

Qualification et sections du CNU

Une qualification se fait dans une section (catégorie disciplinaire) du Conseil National des Universités (CNU). En études anglophones, il s’agit de la section 11. Néanmoins, si l’on se trouve à la croisée de plusieurs disciplines, l’on peut demander à être qualifié.e dans d’autres sections du CNU (ex : histoire, littératures comparées, cinéma…). Il vaut mieux en discuter avec son/sa directeurice avant de se lancer dans des démarches de qualification dans une section à laquelle on n’était pas préalablement rattaché.e.

Il peut être utile de consulter la page du site du CNU dédiée aux différentes sections : https://conseil-national-des-universites.fr/cnu/#/entite/entiteName/CNU/idChild/32

Choix de date de soutenance en vue du calendrier de qualification

(credit: Windows on Unsplash)
(credit: Windows on Unsplash)

Les dates de campagnes de qualification peuvent déterminer la date de votre soutenance. Celle-ci doit donc être fixée en gardant à l’esprit que le dépôt du dossier doit se faire avant la mi-décembre. Parmi les pièces justificatives demandées, il y a le rapport de soutenance complet. Ceci implique qu’il faut aussi prévoir un peu de temps pour l’élaboration de ce rapport par votre jury, mais aussi, le cas échéant pour sa traduction en français car il ne faut pas transmettre de rapport dans une autre langue que le français.

Il est donc peu stratégique de prévoir une soutenance après début décembre si l’on veut participer dans la foulée à la première campagne de qualifications. Si l’on manque cette date limite, il faudra attendre la prochaine session l’année suivante. Si possible, il vaut ainsi mieux prévoir une soutenance en octobre ou novembre, si l’on a décidé d’une soutenance à l’automne.

Justificatifs à communiquer issus de votre soutenance : attestation de réussite au doctorat + rapport de soutenance complet (en français).

Etapes de la qualification

Une fois la thèse soutenue en bonne et due forme, donc, il faut commencer à préparer son dossier de qualification et entamer les démarches assez rapidement. A titre d’exemple, voici le calendrier pour la session 2025-26 :

  • 3 novembre au 15 décembre 2025 : dépôt des pièces sur Odyssée (et non pas Galaxie, comme pour les candidatures d’ATER).
  • Fin janvier 2026 : notification de recevabilité administrative des dossiers (confirme en gros que vous avez bien tout mis dans votre candidature)
  • Avant fin mars 2026 : notification de réussite ou non à la qualification

Critères de réussite à la qualification

Les deux rapporteurices désigné.es pour juger votre aptitude à exercer les fonctions de MCF étudieront (pour la section 11 au moins) :

(credit: Markus Winkler on Unsplash)
(credit: Markus Winkler on Unsplash)

  • la qualité de votre dossier scientifique (sur la base de votre thèse, des pré-rapports, de vos communications, articles…)
  • le niveau en langue anglaise (à partir d’informations concernant votre nationalité, de longs séjours, l’agrégation…)
  • l’expérience d’enseignement (surtout dans le supérieur)
  • expérience de recherche (colloques, animation de la vie de la recherche…)
  • responsabilités administratives (coordination pédagogique, représentation…)

La constitution d’un CV analytique présenté de manière claire et détaillée a ainsi toute son importance.

Les rapports seront normalement consultables après-coup.

Saisie de la candidature sur Odyssée : conseils

Quelques conseils pour un processus fluide :

  • faire une checklist des pièces justificatives à joindre
  • faire toutes les étapes d’un coup car on ne peut pas sauvegarder à mi-chemin pour y revenir plus tard. Rassembler tous les justificatifs requis dans un dossier avant.
  • Faire des captures d’écran à chaque étape en cas de bug
  • Fournir des PDF des articles qu’on a écrits en les téléversant sur la plateforme
  • S’y prendre en avance en cas de problème technique pour avoir le temps de prendre contact avec les gestionnaires et résoudre le problème
  • Ne pas oublier de cliquer sur VALIDER à la fin, sinon tout est perdu

Tout ceci n’est pas sorcier, mais il faut être bien vigilant.e à ne rien oublier en termes d’étapes ou de justificatifs !

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Fin de thèse : étapes et démarches administratives

Si vous sentez la fin de votre thèse approcher et que votre directeurice est aussi d’avis que vous pouvez bientôt soutenir, il y a quelques étapes et démarches de forme à respecter tout au long de la fin du parcours doctoral. Il faut notamment, bien en amont, notifier son ED officiellement de son intention de soutenir et de ne pas se réinscrire pour une nouvelle année.

Lors de cette fin de parcours, il est essentiel de garder un œil sur sa boîte institutionnelle et de veiller aux messages reçus par l’Ecole Doctorale qui transmettra ses consignes pour les démarches administratives à effectuer.

Formation du jury et réservation de salle

Si l’on soutient à l’automne, il vaut mieux recruter les membres de son jury par email et réserver la salle de soutenance (selon la popularité de la salle voulue!) avant la fermeture administrative de l’université pendant l’été.

La rédaction peut suivre son cours et s’achever avant de reprendre les démarches à la rentrée.

Démarches administratives auprès de l’ED

Il convient de faire une demande officielle de composition de jury auprès de l’ED qui vous transmettra sûrement un lien vers un formulaire.

Portrait of a Merchant by Jan Gossaert (c. 1530)
Portrait of a Merchant by Jan Gossaert (c. 1530)

Divers autres formulaires et signatures seront nécessaires pendant les quelques mois qui précèdent la soutenance. Encore une fois, il faut garder un œil sur son courriel pour ne pas manquer une étape. Le déroulé est plus moins stressant selon les ED.

Envoi de la thèse par voie électronique

La thèse doit être transmise aux membres du jury, au moins par voie électronique, deux mois avant la soutenance au minimum.

Impression de la thèse

'Impressio Librorum' in Nova Reperta, produced by Jan van der Straet and Philips Galle (c. 1580-1600)
‘Impressio Librorum’ in Nova Reperta, produced by Jan van der Straet and Philips Galle (c. 1580-1600)

Pour les membres du jury qui désirent un exemplaire papier, il est possible de passer commande auprès de la reprographie de son université (là encore, cela peut varier selon les pratiques d’une institution à l’autre). Selon les règles de mon ED, un.e doctorant.e pouvait obtenir un exemplaire par membre du jury + pour la directrice + pour soi-même. Le ou la doctorant.e conserve généralement le premier exemplaire test qui peut comporter des coquilles.

Attention, cette étape peut prendre du temps. Comme beaucoup de monde soutient à la période octobre-décembre, il peut y avoir des délais d’impression conséquents.

Envoi de la thèse (exemplaires papier)

Si l’institution où l’on se trouve dispose d’un service postal, on peut y avoir recours pour envoyer les exemplaires papier en France ou à l’étranger. Dans ce cas, c’est l’ED, l’UFR ou le labo qui sera facturé. Quand c’est possible, on peut aussi s’arranger pour le remettre en mains propres si le ou la destinataire n’est pas trop loin, ce qui est moins risqué et moins coûteux.

Souvent, et surtout si l’envoi se fait quand les facultés sont fermées (en été), les doctorant.es prennent en charge ces envois directement.

Réception des pré-rapports

The Magdalene Reading by Rogier van der Weyden (15th c.)
The Magdalene Reading by Rogier van der Weyden (15th c.)

Un mois avant la soutenance, les deux pré-rapporteurices transmettent par voie électronique leur pré-rapport sur la thèse, et émettent un avis sur l’autorisation à soutenir.

Ces pré-rapports font environ 2 pages chacun. Il est utile de décortiquer ces pré-rapports en amont de la soutenance pour préparer quelques réponses à de possibles questions. Ces pré-rapports donnent en général une idée de la direction que prendront les échanges lors de la soutenance et permettent de repérer d’emblée des forces et failles dans son travail.

Dépôt de la thèse sur internet

L’ED vous contactera pour déposer votre thèse sur le site de la bibliothèque universitaire. Il n’est pas nécessaire de la rendre publique, mais il est obligatoire de la téléverser avant la soutenance.

Préparatifs en amont de la soutenance

Il revient à la personne qui soutient de s’occuper de la logistique de cette journée. Si un membre du jury est à distance, par exemple, il convient de préparer un lien zoom sécurisé et de faire en sorte qu’il ou elle délègue bien officiellement son pouvoir de signature à un.e membre présent.e.

Informatique, micros, affiches, invitations, préparation du pot, etc. sont aussi la responsabilité de la personne qui soutient.

L’annonce de la soutenance est faite par le ou la directeurice en interne et/ou sur la liste de diffusion de la SAES.  

Après la soutenance

En vue des démarches liées à la qualification (voir billet dédié pour un point un peu plus détaillé), il est important de veiller à ce que le rapport final en français soit transmis à temps. En effet, la plateforme consacrée au dossier pour la qualification ferme dès le mois de décembre, ce qui laisse assez peu de temps pour la constitution du rapport, sa mise en forme et son envoi.

Dans la foulée, vous devriez recevoir une attestation de réussite au doctorat en attendant que ne soit généré votre diplôme. Il peut y avoir un délai de quelques mois entre la soutenance et l’obtention de l’exemplaire papier du diplôme.  

Louise McCarthy
Louise McCarthy

La rédaction de la thèse : un sprint sur une distance de marathon ?

Le but de ce billet est de donner une idée concrète de ce à quoi peut ressembler le déroulé d’une fin de thèse, et notamment de rassurer celleux qui se sentiraient débordé.es à cette étape de leur parcours. Attention, ce billet n’a pas vocation à être prescriptif ! C’est un retour d’expérience individuelle, avec en plus quelques éléments de calendrier à prendre en compte.

Un autre billet concerne les étapes administratives en toute fin de thèse, tandis qu’un autre encore revient sur les étapes de la qualification peu après après la soutenance.

Etapes du doctorat : vue d’ensemble

Allegory of time by Hans Holbein the Younger (c. 1532)
Allegory of time by Hans Holbein the Younger (c. 1532)

Pour contexte, j’ai fait ma thèse en civilisation/littérature britannique (XVIe-XVIIe) à Université Paris Cité. Pendant ces 4 années, j’ai bénéficié d’un contrat doctoral pendant 3 ans, puis terminé mon parcours avec un contrat d’ATER dans la même institution. Pendant toute cette période, j’ai assuré une charge de cours dans mon université.

Au moment de l’élaboration de mon projet de thèse, un calendrier prévisionnel avait déjà été établi avec ma directrice. Quelques petits délais et réagencements sont à prévoir, mais autant que faire se peut, il est utile de se tenir à ce genre de calendrier. Mon parcours doctoral s’est déroulé en deux temps: D1 + D2, puis D3 + D4.

J’ai ainsi profité des deux premières années de contrat doctoral pour

  • Analyser mes sources primaires (cartes et textes de la période)
  • Faire un maximum de lectures de sources secondaires (notamment à la BNF)
  • Suivre des formations/assister à des conférences et séminaires
  • Tester des hypothèses dans des présentations à des conférences/colloques…
  • Réaliser mon terrain : travail d’archives au Royaume-Uni et aux Etats-Unis

A l’été entre ma 2e et ma 3e année, j’ai travaillé à une première version de mon plan.

J’ai ensuite entamé la rédaction de l’introduction dans la foulée. La rédaction a en tout duré deux ans (3e et 4e années).

La dernière année

Zoshua Colah on Unsplash
Zoshua Colah on Unsplash

Dans mon cas, cette dernière année a débuté en 4e année de doctorat au cours de laquelle j’ai rempli les fonctions d’ATER (192h/an). Cette année-là, comme la 3e année, a été entièrement consacrée à la rédaction, avec quelques lectures supplémentaires faites en chemin. C’est un travail de longue haleine et éprouvant qui nécessite discipline et organisation, notamment lorsque la charge d’enseignement double avec un contrat d’ATER.

Si les cours peuvent sembler ralentir la progression de la rédaction, ils permettent aussi de cadrer un peu la semaine et de sortir la tête des eaux troubles de la thèse. On peut envisager ces moments comme des opportunités de prise de recul entre deux sessions de rédaction.

En arrivant en 4e année, il restait tout de même la moitié à écrire. De ce fait, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se surcharger de communications et d’articles.

La rédaction : un processus crescendo

Le temps de trouver son rythme, sa méthode et ses réflexes, les premiers chapitres peuvent mettre un peu plus de temps que le reste à prendre forme. Pour ma part, voici (de mémoire), le temps que j’ai pris pour écrire les différents morceaux de ma thèse:

  • Plan + introduction : 3-4 mois
  • Partie II (3 chapitres, environ 180 pages): 11 mois
  • Partie III (3 chapitres, environ 200 pages): 8 mois
  • Partie I (2 chapitres, environ 120 pages) : 3 mois
  • Conclusion (assez courte pour ma part ): quelques jours

En salle de recherche à la BNF (credit: Louise McCarthy)
En salle de recherche à la BNF (credit: Louise McCarthy)

NB : La rédaction de chaque section (A, B, C) de chapitre a été systématiquement suivie de corrections et relectures. Ces reprises sont comprises dans la chronologie ci-dessus. Les chapitres n’ont pas fait l’objet de reprise détaillée une fois toute la thèse rédigée.

Avoir conscience de cette accélération dans la rédaction peut permettre de justifier auprès d’un CSI pourquoi l’on pense pouvoir boucler prochainement alors qu’il reste encore beaucoup à écrire, par exemple.

Le lissage de la bibliographie (constituée au fur et à mesure), les menues corrections (notamment des abondantes notes de bas de page), la constitution d’annexes (chronologies, cartes, transcriptions de manuscrits non publiés), les résumés, les remerciements, le sommaire, l’index, le livret d’illustrations et la mise en forme générale ont aussi nécessité du temps et de l’énergie en fin de parcours. Ce sont des aspects à ne pas négliger dans la gestion de son temps.    

Attention aussi à ne pas oublier (comme j’ai failli le faire) de fournir un résumé détaillé de votre thèse en français (15-20 pages) si vous avez rédigé dans une autre langue.

Student studying at a desk by Johann Amos Comenius (Nuremberg, 1658)
Student studying at a desk by Johann Amos Comenius (Nuremberg, 1658)

En bref, on écrit de plus en plus vite, ce qui signifie qu’il ne faut pas paniquer en voyant la date de rendu approcher alors qu’on a encore beaucoup à écrire en proportion. Cela implique aussi que la fin de thèse peut être particulièrement laborieuse et épuisante. Pour ma part, de fin mai à fin juillet lors de ma dernière année, j’ai travaillé 7 jours sur 7 de 9h à 22h. Ceci ne doit pas forcément constituer un modèle ou un objectif, mais cela donne une idée du changement de rythme, sachant que j’avais des journées et semaines normales le restant de mon parcours. Me concernant, cette accélération était due en partie à deux facteurs plus ou moins importants :

  1. j’avais l’intention de ne pas repousser la date de rendu afin de ne pas faire une 5e année alors que la rédaction était presque bouclée
  2. j’avais envie de prendre un peu de vacances sans ordinateur avant la rentrée

Rendu(s)

Après des ajustements de forme (et deux articles à reprendre avant l’été!), le manuscrit final a été envoyé aux membres de mon jury par voie électronique les premiers jours de septembre, pour une soutenance prévue début novembre de la même année.

Pour un détail des étapes administratives pendant les derniers mois du doctorat, voir cet autre billet.

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Les Postdoctorats : CR de la table ronde aux JDJC 2025

Compte rendu de la table ronde méthodologique sur le postdoctorat

JDJC 2025 : « Centre(s), marges, relégation aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les Îles britanniques, en Amérique du nord et en France », Rouen, 25-26 septembre 2025

Martinez Anaya, Antonio, Cérémonie de remise de doctorat, XVIIe siècle, Universidad Complutense, Madrid, Espagne.

Qui sommes-nous ?

Mathilde : Je m’appelle Mathilde Mougin et j’ai soutenu une thèse de littérature française en décembre 2023 à Aix-Marseille Université, menée sous la direction de Sylvie Requemora et d’Anne Carol. Cette thèse intitulée « De l’expérience des corps à la fabrique d’une ‘science’ de l’homme : discours pré-anthropologiques dans la littérature de voyage (1578-1721) » porte sur les discours anthropologiques et la stéréotypisation de l’altérité au sein d’un corpus de littérature viatique de la fin du XVIe siècle jusqu’au début du XVIIIe siècle. Elle a été financée par un contrat doctoral puis par plusieurs contrats d’ATER dans mon université d’origine ainsi qu’à l’Université de Paris 8. Ayant épuisé mes possibilités d’années d’ATER à l’issue de ma soutenance de thèse, j’ai dû chercher d’autres types de contrats pour continuer à faire de la recherche à l’université. C’est pour cette raison que j’ai activement commencé à chercher des contrats postdoctoraux dès le début de l’année 2024. J’ai obtenu un premier postdoctorat au sein du LabEx COMOD de l’Université de Lyon pour l’année 2024-2025. Il s’agissait d’un postdoctorat à sujet libre, mais qui s’inscrivait dans les axes de recherche de COMOD, laboratoire d’excellence portant sur la constitution de la modernité, principalement dans les domaines de la philosophie, de l’histoire et de la littérature. Cette première année de postdoctorat m’a permis de poser les premiers jalons d’un projet plus ample intitulé « La fabrique littéraire de la francité dans les récits de voyage en Orient (1560-1720) » pour lequel j’ai obtenu un contrat de trois ans au FRS-FNRS, un fonds de recherche scientifique belge. Je mène actuellement ma recherche dans deux universités : l’Université Libre de Bruxelles et l’Université de Liège.En lien avec le rôle joué par Montpellier dans le développement des connaissances médicales en Europe, le colloque de cette année étudiera les notions de progrès, de dégénérescence et de stagnation ou, en anglais, « improvement, degeneration, stagnation ».

Claire : Je m’appelle Claire Schiano-Locurcio et je suis docteure en civilisation britannique des XVIIème et XVIIIème siècles. J’ai soutenu en 2024, une thèse intitulée “‘Pauvres des biens terrestres, elles seront riches des grâces divines’: la pauvreté des clarisses anglaises exilées, 1609-1750”, sous la direction de Laurence Lux-Sterritt, à l’Université d’Aix-Marseille. Mes recherches s’inscrivent au croisement de l’histoire religieuse, de l’histoire du genre et de l’histoire sociale du catholicisme moderne, avec une attention particulière portée aux pratiques économiques et spirituelles des religieuses ainsi qu’aux formes d’agentivité féminines. Je suis également membre du projet d’humanités numériques Mapping Multifaith London, 1690–1730 (Aix-Marseille Université / Queen Mary University of London). En parallèle de ces activités de recherche, j’ai d’abord été vacataire, puis j’ai occupé un poste de PRAG contractuelle (390h/année) et j’ai ensuite occupé deux postes d’ATER.

Depuis 2025, je suis chercheuse postdoctorante dans un département d’histoire moderne à l’université Paul-Valéry Montpellier III, où je contribue au projet ANR Abbesses, Seigneuresses et Réformatrices, dirigé par l’historien Nicolas Guyard. Ce projet s’inscrit dans la continuité de mes recherches doctorales, en prolongeant mes réflexions sur les formes d’autorité religieuse féminine dans le cadre monastique à l’époque moderne. Je mets au service du projet mes compétences en recherche archivistique, développées au fil de dépouillements menés en France et en Angleterre, ainsi qu’en humanités numériques, notamment en analyse statistique et en visualisation de données appliquées à des corpus historiques.

Comment chercher et trouver un post-doc ?

Mathilde et Claire : Pour chercher un postdoctorat, nous avons tout d’abord consulté régulièrement les plateformes telles que fabula (plutôt pour la littérature), calenda (pour l’histoire et les sciences sociales), Euraxess, ou encore Fund it. Il faut aussi consulter les sites des différentes universités et autres établissements supérieurs (EHESS, CNRS, etc.) en France et à l’étranger, qui proposent des postdoctorats qui ne sont pas toujours relayés sur les sites mentionnés.

Quels sont les types de post-doc existants ?

On distingue généralement trois grands types de postdoctorats :

  • 1. Les postdoctorats à sujet libre

Ces postdoctorats sont construits à partir d’une proposition scientifique élaborée par le ou la candidate. Ici, l’accent est mis sur l’originalité du projet, son ancrage dans les axes du laboratoire d’accueil et l’autonomie scientifique du ou de la chercheuse.

Voir aussi les postes contractuels de professeur assistant aux Etats-Unis (contrats de 1 ou 2 ans, sur MLA-job list).

FNRS / FWO (équivalent flamand du FNRS).

MSCA (Marie Curie) : de nombreuses universités ont des cellules préparant aux candidatures Marie Curie

Aix-Marseille : ANR starting Grant : postdoc de 2 ans pour préparer un projet ANR.

British Academy : La British Academy propose des postdoctorats en sciences humaines et sociales, principalement sous forme de Postdoctoral Fellowships de trois ans, permettant de conduire un projet indépendant, de publier et de renforcer l’expérience en recherche et en enseignement au Royaume‑Uni.

 

Écoles françaises à l’étranger (Rome, Athènes et Madrid, avec Caza de Velasquez. Attention, nécessitent un ancrage local des recherches)

Universités américaines (Princeton, Harvard, etc.) et aussi anglaises (Oxford, Cambridge. Il s’agit souvent de postdoc avec enseignement). Il faut prendre le temps de regarder sur les sites des universités

Tavernier, Jean-Baptiste. Vierzig-Jährige Reise-Beschreibung, Nürnberg, Knorz für Johann Hofmann, 1681.

2. Les postdoctorats déjà constitués

Le deuxième type de postdoctorat s’inscrit dans des projets déjà financés et définis en amont (ANR, ERC, projets collectifs, etc.). Dans ce cadre, la ou le postdoctorant.e s’inscrit dans une problématique, un calendrier et des objectifs de recherche préexistants, en collaboration étroite avec l’équipe porteuse du projet. Il s’agit principalement des projets ERC, ANR ou encore CNRS.

 

 

 

 

3. Les postdoctorats des instituts d’excellence

« Consultation des collections spéciales de la Palace Green Library de l’Université de Durham, MS “Miroir d’une Âme Religieuse” »

Enfin, beaucoup d’universités possèdent un institut d’innovation proposant des contrats postdoctoraux. Leur sujet est généralement libre, mais doit tout de même s’inscrire dans un des axes spécifiques de l’institut :

  • IdEx (Iniatives d’excellences) de l’Université Côte d’Azur, qui propose régulièrement des postdoctorats de soutien à la préparation d’une candidature ERC
  • MACI (Maison de la Création et de l’Innovation) de l’Université Grenoble Alpes
  • INCIAM (Aix-Marseille Université)
  • LabEx COMOD : les Laboratoires d’excellence sont pour la plupart terminés mais le LabEx COMOD de Lyon a été prolongé de 2 ans.

Attention à bien vérifier les conditions d’éligibilité pour ces contrats car bien souvent, il faut avoir résidé/travaillé au moins un an à l’étranger. 

Quels sont vos conseils pour constituer votre dossier ?

Trouver un sujet

Mathilde : La première difficulté, lorsque vous candidatez sur une offre postdoctorale à sujet libre, est d’avoir une idée. Celle-ci doit être suffisamment distincte de votre sujet de thèse, pour ne pas être redondante avec celle-ci, mais doit tout de même s’inscrire dans la continuité de votre recherche doctorale, de manière à assurer la cohérence de votre parcours. Lorsque vous avez une idée, commencez à faire des recherches bibliographiques pour constituer un état de l’art, et pour voir si votre sujet n’a pas déjà été trop étudié. Il faut ensuite réussir à formuler une vraie question de recherche, et non pas donner l’impression que vous savez déjà ce que vous allez trouver. Cet aspect est très important dans la rédaction même du dossier. J’ai souvent dû reformuler un projet parce qu’il était trop descriptif, et ne posait pas suffisamment de questions.

Outre le projet en lui-même, vous devez proposer des livrables dans votre candidature, tels que des articles, l’organisation de manifestations scientifiques (journée d’étude, colloque, séminaire), ou des activités de formation. La quantité de celles-ci dépend bien sûr de la durée du contrat postdoctoral auquel vous candidatez. Il ne faut pas trop en faire : il faut que cela reste réaliste, et la priorité doit être le développement de votre projet de recherche.

  • Contacter un promoteur

Dans de nombreux cas, il vous faut vous mettre en contact avec des membres de l’institution d’accueil pour obtenir d’eux une lettre, voire pour qu’ils se portent garant de votre candidature. Cette étape nécessite d’être anticipée, car un chercheur qui soutient déjà un ou plusieurs candidats refusera peut-être d’appuyer votre candidature. Dans certains cas (FNRS, FWO, Marie Curie, etc.), votre projet de recherche doit être cohérent avec les recherches de votre promoteur, et déterminera donc l’institution et la personne vers laquelle vous vous tournerez. Par ailleurs, votre projet doit, bien sûr, s’inscrire dans les axes de recherche de la structure au sein de laquelle vous candidatez.

Quelle est l’expérience attendue ?

Mathilde : Il est souvent préférable d’avoir publié la thèse ou d’être dans un processus de publication de celle-ci (avec un manuscrit sous presse) pour obtenir un postdoctorat. En effet, le comité de recrutement peut être réticent à sélectionner un.e docteur.e qui n’aura pas encore publié sa thèse, de peur qu’il consacre son mandat postdoctoral à cela.

Outre la thèse, la qualité du dossier de publication entre en ligne de compte. Il est pour cela important de tenir compte du classement des revues dans lesquelles vous publiez, à l’aide de plateformes d’indexation telles que Web of Science, Scopus, ou encore SCImago. Le classement de la revue est notamment lié à son facteur d’impact (H-index, c’est-à-dire nombre de citations par rapport à nombre de publications).  

Claire : Dans mon cas, ce sont les compétences développées pendant ma thèse qui répondaient directement aux attentes scientifiques et méthodologiques du projet ANR. Le sujet de ma thèse, ma connaissance du contexte et du milieu monastique, ainsi que mon ouverture à l’international ont été des atouts déterminants pour m’inscrire efficacement dans le projet et contribuer à ses objectifs.

Pourquoi faire un postdoctorat ?

Mathilde et Claire : Faire un postdoctorat permet de consolider un dossier scientifique dans la perspective d’un recrutement permanent. Il offre un cadre structurant pour prolonger un travail de recherche doctoral tout en l’ouvrant à de nouveaux terrains, à de nouveaux questionnements et à des collaborations, tant au niveau national qu’international. Un postdoctorat vous permet notamment de poser les jalons d’un projet de recherche plus ambitieux, comme pour un projet CNRS, qui doit être pensé pour dix ans.

Le postdoctorat permet de développer des compétences en conduite de projet, en diffusion des résultats (colloques, publications, podcasts) et en coordination scientifique, tout en favorisant le développement du réseau académique et des collaborations, notamment à l’international.

Il faut toutefois veiller à ne pas abandonner l’enseignement trop longtemps, car cela pourra vous être reproché, en particulier pour des recrutements à des postes de Maîtres de conférences, pour lesquels l’expérience d’enseignement compte beaucoup. Il est toutefois généralement possible de solliciter une charge de cours dans l’université où vous avez obtenu un postdoctorat, ou ailleurs.

Difficultés éventuelles

Mathilde : Il n’est pas évident de trouver un sujet postdoctoral distinct de celui de la thèse à l’issue de la soutenance, et même avant celle-ci. Il est en effet parfois possible de candidater à un postdoctorat avant la soutenance, selon le calendrier du postdoctorat en question (c’est par exemple le cas pour le FNRS ou le FWO en Belgique). Développer un sujet postdoctoral suppose d’avoir pris un peu de recul sur sa propre thèse.

Il peut arriver que vous obteniez deux postdoctorats différents. Cela a été mon cas, et j’avais à choisir entre un postdoctorat de deux ans dans le cadre d’un ERC, sur un sujet déjà constitué, et un postdoctorat d’un an seulement, sur mon propre sujet. J’ai choisi la deuxième option, car bien qu’il s’agît d’un contrat plus court, c’était le moyen pour moi d’avoir plus de liberté dans mes recherches, et d’assurer la cohérence de mon parcours.

Le postdoctorat en lui-même peut laisser l’impression que vous disposez beaucoup de temps, et il faut veiller à ne pas accepter trop de sollicitations (journées d’étude, colloques, charges de cours) qui réduisent le temps passé sur le projet de recherche en lui-même, d’autant plus dans le cas d’un contrat postdoctoral court. Avec un postdoctorat d’une année, on n’a à peine le temps de commencer sa recherche qu’il faut déjà candidater sur un autre contrat, dès l’automne.

Claire : L’une des difficultés du postdoctorat à sujet défini réside dans le fait que l’on s’inscrit souvent dans un projet déjà établi, avec des objectifs collectifs précis, tout en devant parallèlement développer son propre sujet de recherche en vue de futures candidatures et opportunités de carrière. Cela implique de trouver un équilibre entre contribution au projet et construction d’un projet de recherche individuel.

Claire Schiano-Locurcio

Mathilde Mougin

Le CSI pendant le doctorat : enjeux, difficultés et conseils

Après avoir échangé avec plusieurs collègues et soutenu certains d’entre eux face à des expériences particulièrement difficiles avec leur Comité de Suivi Individuel (CSI), il a semblé utile de rédiger ce billet. Son objectif est de mettre en lumière les enjeux réels de la fonction du CSI et de poser les leçons tirées de certaines mauvaises expériences pour bien choisir son CSI, éviter les pièges dans lesquels d’autres se sont retrouvés, pour que tout se passe au mieux.

LE CSI : Késako ?

René Magritte Le fils de l’homme, 1964, © Collection Particulière

Le CSI est souvent présenté comme un filet de sécurité garantissant que la thèse se déroule dans de bonnes conditions. Généralement, il faut qu’il soit composé d’un membre de votre université et d’un extérieur, et qu’il y ait parmi ces deux personnes un.e spécialiste de votre sujet et un.e non spécialiste (mais c’est l’ED qui fixe cette composante). L’idée c’est d’avoir un contre-pouvoir face aux possibles abus des directeurs et directrices de recherche (DR), ou d’autres institutions : un comité neutre et bienveillant.

Mais il faut garder en tête que, l’approbation du CSI est nécessaire pour chaque réinscription en thèse, et ce, chaque année. Un détail qui pourrait passer inaperçu, mais qui prend tout son sens quand les relations se tendent avec votre direction.

En pratique : le lieu de difficultés

Le problème, c’est que ces comités sont souvent constitués à la va-vite, dans l’urgence bureaucratique, avec comme critère principal non pas la capacité des membres à défendre un doctorant en difficulté, mais leur simple disponibilité (et encore, sous la contrainte). Ajoutez à cela le fait que la reconnaissance officielle de cette fonction est proche du néant et qu’elle n’est même pas rémunérée (même si cela fait partie des missions d’un poste d’enseignant), et vous obtenez un cocktail où les relations de services-rendus entre DR et les membres du CSI jouent un rôle bien plus déterminant que le bien-être du doctorant.

Dans la réalité, c’est un peu comme une assurance habitation : on ne sait jamais vraiment si elle fonctionne jusqu’au jour où tout prend feu.

Résultat : dans la majorité des cas, si un conflit éclate entre un doctorant et son DR, le CSI a tendance à se ranger du côté du plus puissant (pas vous).

Ce que dit la loi (oui, il y a un texte officiel)

Gustave Doré, Moïse brise les tables de la loi, 1866, © Bibliothèque nationale de France

Avant de paniquer (ou de soupirer), un rappel important : il existe une hiérarchie des normes. Autrement dit, les modalités fixées par votre école doctorale, ou ce que dit votre DR, ne peuvent pas aller à l’encontre de l’arrêté ministériel régissant les études doctorales. Au moment de la rédaction de ce billet, il s’agit de l’Arrêté du 26 août 2022 modifiant l’arrêté du 25 mai 2016, qui fixe noir sur blanc le rôle du CSI.

Que dit cet arrêté ? Il rappelle notamment que le CSI n’est pas un comité d’évaluation scientifique et qu’il ne doit en aucun cas se transformer en mini-soutenance annuelle qui mettrait la pression aux doctorants. Son rôle est clair :

« Le comité de suivi individuel du doctorant assure un accompagnement de ce dernier pendant toute la durée du doctorat. Il se réunit obligatoirement avant l’inscription en deuxième année et ensuite avant chaque nouvelle inscription jusqu’à la fin du doctorat.
Les entretiens sont organisés sous la forme de trois étapes distinctes : présentation de l’avancement des travaux et discussions, entretien avec le doctorant sans la direction de thèse, entretien avec la direction de thèse sans le doctorant.

Au cours de l’entretien avec le doctorant, le comité évalue les conditions de sa formation et les avancées de sa recherche. Lors de ce même entretien, il est particulièrement vigilant à repérer toute forme de conflit, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel ou d’agissement sexiste. Il formule des recommandations et transmet un rapport de l’entretien au directeur de l’école doctorale, au doctorant et au directeur de thèse.

En cas de difficulté, le comité de suivi individuel du doctorant alerte l’école doctorale, qui prend toute mesure nécessaire relative à la situation du doctorant et au déroulement de son doctorat. » (nous soulignons)

Alors, comment bien choisir son CSI ?

Nicolas-André Monsiau, Aspasie s’entretenant avec les hommes illustres, 1801, ©Musée Pouchkkine

S’il a bien un regard porté par le CSI sur l’avancée de la recherche, il a surtout une fonction d’observation des relations des conditions de réalisation de la thèse, en particulier de la relation doctorant.e/DR. Il est là pour repérer les signes de tensions ou de conflits, parfois invisibles, mais bien réels. Autrement dit, il doit servir de soupape de sécurité pour détecter les dérives avant qu’elles ne prennent trop d’ampleur.

Ainsi, théoriquement, votre DR ne devrait pas intervenir dans ce choix. Théoriquement. Dans la réalité, beaucoup de doctorant.e.s au début de leur thèse ne connaissent pas assez de collègues pour trouver les membres tout.e seul.e, le DR peut alors faire des suggestions et donner des conseils, mais son rôle devrait en théorie se limiter à cela.

  1. Prenez le temps. La constitution du CSI ne devrait pas être une formalité expédiée en début de thèse sous la pression de l’administration. Un bon CSI se choisit, se négocie, se construit avec soin.
  2. Demandez conseil. N’hésitez pas à solliciter, pour des avis et recommandations, les doctorant.e.s autour de vous, vos collègues en qui vous avez confiance, ou d’anciens professeurs éventuellement.
  3. Ne prenez pas n’importe qui. On pourrait croire que n’importe quel enseignant-chercheur fait l’affaire, mais non. Certains sont plus enclins que d’autres à faire respecter les droits des doctorant.e.s. L’idéal ? Quelqu’un d’indépendant vis-à-vis de votre DR et prêt à faire son travail – s’il peut donner un avis scientifique sur vos travaux, ce n’est qu’un plus. Paradoxalement, et même si cela vous prive d’une certaine manière de retour de spécialiste sur vos travaux, il vaut sans doute mieux choisir quelqu’un qui n’est pas du tout dans votre domaine de recherche, car cela évite les relations de pouvoirs et de sympathie entre le CSI et le DR qui pourraient se retrouver en votre défaveur. Dans ce cas, il faudra veiller à ce que le CSI comprenne tout de même les dynamiques spécifiques de votre discipline de rattachement.
  4. Posez les bonnes questions. Avant de proposer un nom, demandez-vous : cette personne serait-elle capable de s’opposer à mon directeur s’il y avait un problème ? Si la réponse n’est « pas sûr », passez votre chemin.
  5. Vérifiez qu’ils répondent aux mails. Même si cela est difficile à vérifier, ce n’est pas un détail : il y a un rendez-vous obligatoire tous les ans. Il faut donc des membres qui lisent leurs mails et qui acceptent de faire ces réunions, sinon vous risquez de courir après eux à chaque rentrée universitaire.

PS : Il faut aussi savoir que les membres de votre CSI peuvent bien figurer dans le jury de votre soutenance, mais dans ce cas, iels ne peuvent pas être rapporteur.rice.s.

Conclusion : se protéger

Armure autrefois dite “d’Henri IV”
1570 / 1590© 2013 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle. Sur une idée d’Alix Kazubek.

Le CSI pourrait être un outil puissant pour protéger les doctorant.e.s. Mais en l’état, dans les rapports de forces spontanés des universités et face à l’avalanche administrative au début du doctorat qui pousse à faire ce choix dans le rush, il n’atteint que trop rarement son objectif. À défaut, il peut être la clé pour entériner et légitimer institutionnellement des décisions défavorables aux doctorant.e.s quand un DR décide qu’il en a fini avec une thèse.

Un doctorant bien informé en vaut deux. Alors, prenez votre temps, choisissez avec soin, et surtout, rappelez-vous qu’un CSI efficace, c’est un CSI qui, si les choses tournent mal, ne vous laissera pas seul.e face à la tempête.

Même si votre relation avec votre DR est bonne au moment d’entrer en thèse (sinon y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l’aventure), on ne sait pas de quoi demain est fait : soyez stratège. Un CSI mal choisi peut se retourner contre vous, mais bien structuré, il peut vous fournir un véritable filet de sécurité.

Enfin, si le mal est déjà fait et que vous vous retrouvez dans une situation où le CSI est déjà à votre désavantage, avec des relations dégradées avec votre DR, il est crucial de ne pas rester isolé. Il est possible sur demande de changer son CSI ou d’ajouter un troisième membre, qui pourrait équilibrer un peut le tout. Dans tous les cas, je vous invite à vous tourner vers vos représentant.e.s dans l’ED et votre syndicat, qui pourra vous apporter un soutien précieux pour naviguer dans cette situation administrative très défavorable et vous aider à trouver des solutions pour faire valoir vos droits.

Louis Pichot

 

Londres: British Museum (‘Prints & Drawings’)

Certaines institutions sont bien connues pour leurs expositions publiques, mais tous leurs trésors ne sont pas en vitrine. En effet, la pierre de Rosette et autres larcins impériaux muséifiés ne représentent pas le seul intérêt du monumental British Museum. Voici donc un court guide pour se rendre dans l’un des espaces plus secrets de ce musée: les salles de travail du département des ‘Prints & Drawings’.

Au préalable

 

British Museum - reading room - research
Identification des documents à consulter (credit: Louise McCarthy)

Comme souvent, le point de départ est sur internet et il faut réserver sa place en avance (quelques semaines suffiront). Après avoir identifié les documents désirés, il suffit d’envoyer un email à l’adresse indiquée, avec leur formulaire dûment renseigné en pièce jointe. Il faut avoir repéré le titre et le code de chaque document, et établi sa liste de 15 items maximum.

Horaires


Attention, les salles de travail ne sont ouvertes que les mercredi, jeudi et vendredi, de 10h30 à 16h. Vous serez mis·e à la porte pour une pause déjeuner obligatoire de 13h à 14h. Il est possible de laisser ses affaires au vestiaire et de se promener dans le musée en attendant. Des sandwiches et gâteaux peuvent être achetés dans le musée afin de gagner du temps. 

Mais comment entrer?

British Museum
The British Museum (credit: Nicole Baster, on Unsplash)

Curieusement, la réservation d’une place aux ‘Prints & Drawings’ ne vient pas avec une carte de lecteurice ou de billet afin d’entrer dans le musée et accéder aux study rooms qui sont à l’intérieur. Les foules qui se pressent aux portes du musée et les files d’attentes qui s’étirent sur 10km de trottoir ont de quoi terrifier. Mais il est tout à fait possible de se frayer son propre chemin jusqu’à la salle 90. Dirigez-vous vers l’entrée nord (Montague Place) et rapprochez-vous d’un membre du staff ou de la sécurité pour demander un accès direct au 4e étage (salle 90). Les emails échangés avec le personnel  pourront servir de preuve. Vous aurez peut-être la chance d’être accompagné·e jusqu’à un ascenseur qui vous amènera devant les grandes portes des ‘Prints & Drawings’.

room 90: Prints & Drawings

British Museum - reading room
Room 90: John White’s watercolours (credit: Louise McCarthy)

Il faut passer ces premières portes pour entrer dans une salle où divers dessins sont exposés au public. Room 90 se trouve ensuite sur la droite derrière la cimaise. À partir de 10h30, l’on peut sonner à l’interphone pour entrer dans la salle. Sacs et manteaux sont à déposer au vestiaire avant de signer dans un registre, se laver les mains et se laisser guider jusqu’à sa place. Comme partout, seuls les crayons de bois sont autorisés, et il n’est pas permis d’apporter à manger ou à boire dans la salle. Toute allée et venue est supervisée par le personnel qui est très aidant, efficace et à l’écoute.

Il n’y a plus qu’à!

https://www.britishmuseum.org/our-work/departments/prints-and-drawings

Louise McCarthy
Louise McCarthy

La bourse de mois de la Maison Française d’Oxford, ou comment passer un mois entier à visiter les bibliothèques, colleges et pubs oxoniens dans l’intérêt de ses recherches

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Entrée de la Maison Française d’Oxford (crédit: Alice Marion-Ferrand)

En avril dernier, j’ai eu la chance de passer un mois entier à Oxford. La Maison Française d’Oxford (MFO) offre de nombreuses opportunités de bourses, dont une très justement dénommée bourse du mois, qui permet de passer un mois complet à Oxford. Les billets de train ou d’avion des douze personnes (une par mois) qui bénéficient de la bourse chaque année sont pris en charge par la MFO, qui les loge gratuitement à l’étage du bâtiment et leur permet d’accéder aux bibliothèques de la ville gratuitement. Les boursiers du mois bénéficient également de 250 livres pour compenser leurs dépenses sur place (montant qui est viré après le séjour, les frais sont donc à avancer). Le seul critère pour postuler est d’être inscrit en doctorat dans une université française (la bourse n’est pas ouverte aux post-doctorants).

Oxford, le paradis du chercheur

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Jardins du college Lady Margaret Hall, à deux pas de la MFO (crédit: Alice Marion-Ferrand)

Avant de bénéficier de cette bourse, je n’étais jamais allée à Oxford. Il va sans dire que j’étais enchantée de découvrir une ville non seulement magnifique, mais aussi très vivante et étudiante. J’ai pu bénéficier des ressources immenses de la Bodleian Library, en particulier de l’immense fonds d’archives de la Weston Library, sobrement appelé special collections, et qui regorge de manuscrits, de lettres et de publications des dix-septième et dix-huitième siècles. Pour savoir comment optimiser un séjour de recherche en archives, je vous renvoie à l’article suivant du carnet : https://carnet1718.hypotheses.org/210

Une expérience collective

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Résidentes en pause studieuse dans le jardin de la MFO (crédit: Denis Rayer, avec son autorisation)

Lors de mon séjour, j’ai eu l’occasion de discuter avec les chercheurs de la MFO, ainsi qu’avec les onze autres boursiers résidant à l’étage. Si la vie à douze avec une seule cuisine partagée et deux salles de bain n’est pas toujours de tout repos, elle permet néanmoins de tisser rapidement des liens avec d’autres doctorants qui travaillent sur des domaines variés. La vie en communauté permet non seulement de parler du doctorat avec des personnes qui, pour la plupart, sont dans la même situation, mais aussi de toujours trouver des compagnons pour nous accompagner au pub. Pour en savoir plus sur les divers profils de chercheurs et de résidents de la MFO, vous pouvez jeter un œil à la page des résidents sur le site, ainsi qu’aux différents comptes-rendus de séjour rédigés par les boursiers du mois : https://mfo.web.ox.ac.uk/residents

Comment postuler ?

Toutes les informations utiles se trouvent sur le site de la MFO : https://mfo.web.ox.ac.uk/scholarships.fellowships#collapse1126996

Le dossier à monter n’est pas très long, mais il faut tout de même prendre le temps de trouver des sources qui justifient le besoin de se déplacer à Oxford – pour ça, allez voir dans le catalogue en ligne de la Bodleian (https://solo.bodleian.ox.ac.uk/primo-explore/favorites?vid=SOLO&lang=en_US&section=items) , en particulier dans les special collections qui n’ont pas été numérisées (https://www.bodleian.ox.ac.uk/collections-and-resources/special-collections).

À noter que le dépôt des candidatures pour l’année 2023 se clôture le 14 octobre.

À noter également que la MFO propose plusieurs programmes de bourses. N’hésitez pas à aller voir si d’autres pourraient vous intéresser !

Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
Alice Marion-Ferrand

 

Quêtes de Graals : (ne pas) mettre la main sur des sources primaires (partie 3/3)

Tout(e) jeune 17emiste se trouve sûrement, comme ses collègues pour d’autres périodes, plongé(e) dans les mines de JStor ou de ProQuest de manière régulière, en quête d’articles ou de numérisations. Si la pandémie a accentué ce besoin de s’appuyer sur internet pour y trouver des documents d’époque, il m’a occasionnellement été permis de dénicher des documents utiles à mes travaux de M2R et de préparation à la thèse au cours de mon année de lectorat à l’Université de Cambridge.

Je partage ici, et en trois brefs chapitres, mes expériences de contact avec le 17e britannique à travers un manuscrit (partie 1) et un ouvrage imprimé (partie 2). Je compléterai mon triptyque par le récit d’une déception (partie 3).

Tous les chemins ne mènent pas à Rome

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Claudio Schwarz on Unsplash

Si l’on disait que les ressources en matière première sont infinies à Cambridge, l’on ne serait pas bien loin de la vérité. Il n’en reste pas moins que certaines de mes recherches ne se sont pas révélées si fructueuses.

Trouver une référence intrigante…

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L’iconique “Mathematical Bridge” de Queens’ College (credit: Louise McCarthy)

M’intéressant un peu à un précurseur de la littérature de propagande anglaise en défense de la colonisation, j’emprunte à la bibliothèque universitaire un ouvrage de Mary Dewar intitulé Sir Thomas Smith : an Tudor Intellectual in Office (1964), dans lequel la spécialiste revient sur les aventures intellectuelles et politiques du personnage en question. Enthousiasmée par le constat que Thomas Smith était un alumnus de Queens’ College où je suis lectrice, je poursuis ma lecture et tombe sur une référence à une carte qu’aurait possédée Sir Thomas Smith. Cette carte figurait apparemment dans un inventaire des possessions léguées par Sir Thomas Smith à son alma mater à sa mort. Avec un peu de chance, Queens’ College aurait quelque part dans ses archives ce précieux document…

…qui mène à une impasse

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Fin de quête: game over (credit: Louise McCarthy)

Dans l’espoir de faire suite à cette trouvaille et désirant voir si Smith aurait pu être un éventuel précurseur des propagandistes commerciaux et proto-coloniaux qui m’intéressent, je prends contact avec l’archiviste de la bibliothèque de Queens’ College. Celle-ci semble retrouver la référence à la carte dans l’inventaire mais m’apprend cependant que le College ne possède pas(plus?) un tel document. Dommage ! Mes spéculations en restent là, et je remets à plus tard une investigation plus poussée du rôle de la cartographie dans les projets de Sir Thomas Smith.

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Quêtes de Graals : mettre la main sur des sources primaires (partie 2/3)

Tout(e) jeune 17emiste se trouve sûrement, comme ses collègues pour d’autres périodes, plongé(e) dans les mines de JStor ou de ProQuest de manière régulière, en quête d’articles ou de numérisations. Si la pandémie a accentué ce besoin de s’appuyer sur internet pour y trouver des documents d’époque, il m’a occasionnellement été permis de dénicher des documents utiles à mes travaux de M2R et de préparation à la thèse au cours de mon année de lectorat à l’Université de Cambridge.

Je partage ici, et en trois brefs chapitres, mes expériences de contact avec le 17e britannique à travers un manuscrit (partie 1) et un ouvrage imprimé (partie 2). Je compléterai mon triptyque par le récit d’une déception (partie 3).

Un livre imprimé (17e) à la University Library de Cambridge

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Chris Lawton on Unsplash

C’est beaucoup plus tard dans mon année de M2 que je découvre qu’il y a également à Cambridge l’une des sources primaires citées par un article lu pour nourrir mon mémoire : The Workes of the Most High and Mightie Prince James. Après quelques recherches sur « iDiscover », le site qui répertorie tous les ouvrages des bibliothèques affiliées aux facultés de l’Université ou à ses Colleges, je m’aperçois que le volume se trouve à la University Library (« UL » pour les habitué(e)s) dans ses collections d’ouvrages non-empruntables. Alors comment accéder à ce précieux matériau qu’on ne peut arracher à l’inexpugnable forteresse?

Planifier son invasion

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University Library Cambridge (credit: Louise McCarthy)

Prenant contact par email avec un responsable à la Rare Books Reading Room où doit se trouver l’ouvrage selon le site iDiscover, je pose mes questions au sujet du volume. On me propose gracieusement de prendre rendez-vous pour venir consulter un exemplaire imprimé dont on me dit qu’il a été offert par le roi lui-même à l’Université et qu’il se présente dans son enveloppe de velours pourpre d’origine. Je m’empresse de réserver une demi-journée la semaine suivante, et me voilà aux portes de l’imposante UL, carte de lectrice, crayon et carnet à fleurs en main.

Arrivée au cœur de la forteresse : la Rare Books Reading Room

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Couloir de livres qui mène à la Rare Books Reading Room (credit: Louise McCarthy)

Une fois dépouillée de mes affaires qui doivent rester au vestiaire, je me dirige vers la Rare Books Reading Room où m’attend le volume de 1616. Sur la table numéro 9, que j’ai réservée pour son emplacement le plus éloigné dans la salle, on y a posé une fiche récapitulative des règles en vigueur, des marques pages vierges et un porte-livre molletonné. L’archiviste complète cet arsenal en m’apportant un chapelet pour tenir les pages, et me voilà fin prête pour me plonger dans l’ouvrage.

Face à face avec les mots de Jacques Ier

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The Workes of the Most High and Mightie Prince James,1616 (credit: Louise McCarthy)

Il s’avère que The Workes of the Most High and Mightie Prince James comporte non seulement une transcription d’un discours prononcé par Jacques Ier à la cour et le définissant comme rex pacificus (roi de paix), mais encore le fameux « Counter-Blaste to Tobacco », un pamphlet du roi véhément contre « the vile custome of Tobacco taking » (la fâcheuse coutume de fumer du tabac). Des pages que je tourne avec un soin religieux s’exhument les parfums du 17e. On me permet par ailleurs de prendre quelques photos avec mon téléphone. Je relève mes citations dans mon carnet et quitte en milieu de journée la lumière blafarde des néons de la salle et la poussière de Jacques Ier.

Du carnet à fleurs au mémoire de recherche

De retour chez moi, je retranscris mes notes à l’ordinateur et sélectionne quelques-unes des citations relevées pour compléter deux ou trois passages de mon mémoire. Il n’y a pas de retranscriptions ou de numérisations nécessaires pour cette ressource puisqu’il suffit de la référencer correctement dans la bibliographie.

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Quêtes de Graals : mettre la main sur des sources primaires à Cambridge (partie 1/3)

Tout(e) jeune 17emiste se trouve sûrement, comme ses collègues pour d’autres périodes, plongé(e) dans les mines de JStor ou de ProQuest de manière régulière, en quête d’articles ou de numérisations. Si la pandémie a accentué ce besoin de s’appuyer sur internet pour y trouver des documents d’époque, il m’a occasionnellement été permis de dénicher des documents utiles à mes travaux de M2R et de préparation à la thèse au cours de mon année de lectorat à l’Université de Cambridge.

Je partage ici, et en trois brefs chapitres, mes expériences de contact avec le 17e britannique à travers un manuscrit (partie 1) et un ouvrage imprimé (partie 2). Je compléterai mon triptyque par le récit d’une déception (partie 3).

Débusquer un manuscrit à Magdalene College (Cambridge)

Je soupçonnais (et espérais surtout) qu’il y aurait, cachées quelque part à Cambridge, des sources primaires susceptibles de nourrir mon mémoire de M2 et mon projet de thèse. A l’automne 2020, mon souhait est exaucé lorsque je découvre par le biais de lectures secondaires que l’un des Colleges, Magdalene College, a en sa possession une panoplie de manuscrits tenus par un acteur clef de ma recherche, Nicholas Ferrar (1592-1637).

Une aiguille dans une botte de foin: en quête de “FP_463”

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Entrée de la Pepys Library à Magdalene College, Cambridge (credit: Louise McCarthy)

Cet ensemble de documents manuscrits rédigés par Nicholas Ferrar (impliqué dans les affaires de la Compagnie de la Virginie) est connu sous le nom de Ferrar Papers. Cette compilation étant plutôt volumineuse, et son système de référencement ayant été modernisé après la date de rédaction de l’article où j’en avais vu mention, je me trouve bien en peine de mettre la main sur les feuillets dont j’ai besoin. C’est donc en collaboration avec l’archiviste de la Pepys Library que je parviens à identifier ma source, « FP_463 » (Ferrar Paper numéro 463), répertoriée dans un index disponible en ligne.

consultation du manuscrit identifié

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Mon arsenal d’outils en archives: le carnet à fleurs, le porte-mine et le crayon de bois de secours (credit: Louise McCarthy)

Le Royaume-Uni n’étant alors pas encore tout à fait en confinement strict, on me permet de réserver un créneau pour venir voir le fameux manuscrit. Armée d’un crayon de bois et d’un petit carnet à fleurs, je me penche sur les pages jaunies et les arabesques tortueuses de l’écriture de Nicholas Ferrar pendant une bonne heure, avant de quitter la bibliothèque la tête pleine d’idées fraîches pour mon mémoire de recherche.

“FP_463” dans les annexes du mémoire

Des mois plus tard, ayant à compiler mes annexes pour ce mémoire, je reprends contact avec l’archiviste qui m’avait été d’un grand secours, et lui demande quelle est la marche à suivre pour reproduire les deux pages en toute légalité. Optant pour une retranscription, je reproduis le document en question en ajoutant la fameuse mention transcribed by permission of the Master and Fellows of Magdalene College Cambridge.

Louise McCarthy
Louise McCarthy