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La qualification : quoi et comment ?

Au cours du doctorat, nul besoin de s’en préoccuper. Toutefois, lorsqu’on commence à voir la lumière au bout du tunnel, il faut impérativement s’y intéresser si l’on souhaite poursuivre avec une carrière d’enseignement-recherche dans le supérieur. Voici quelques éléments à garder en tête concernant la qualification avant la fin du doctorat et juste après.

Pour compléter la lecture de ce billet, n’hésitez-pas à suivre le webinaire du collège des doctorant.es de la SAES (généralement autour de septembre) qui présente avec plus de détail le CNU et la procédure de qualification pour l’année en cours.

La qualification : qu’est-ce que c’est ?

'God Speed' by Edmund Blair Leighton (1900)
‘God Speed’ by Edmund Blair Leighton (1900)

Afin de pouvoir candidater à des postes permanents de Maître.sse de Conférences (MCF) dans le supérieur, il faut bien sûr avoir soutenu une thèse, mais la réussite au doctorat n’est pas une condition suffisante. En effet, il faut, après la thèse, avoir été jugé.e digne de pouvoir exercer les fonctions de MCF, c’est-à-dire, avoir été « qualifié.e». Un panel d’expert.es jugera votre dossier académique et décidera si vous y êtes apte. La qualification, qui est valable quatre ans, c’est votre ticket pour être autorisé.e à postuler, mais elle constitue une démarche distincte de celle des campagnes pour devenir MCF.

Qualification et sections du CNU

Une qualification se fait dans une section (catégorie disciplinaire) du Conseil National des Universités (CNU). En études anglophones, il s’agit de la section 11. Néanmoins, si l’on se trouve à la croisée de plusieurs disciplines, l’on peut demander à être qualifié.e dans d’autres sections du CNU (ex : histoire, littératures comparées, cinéma…). Il vaut mieux en discuter avec son/sa directeurice avant de se lancer dans des démarches de qualification dans une section à laquelle on n’était pas préalablement rattaché.e.

Il peut être utile de consulter la page du site du CNU dédiée aux différentes sections : https://conseil-national-des-universites.fr/cnu/#/entite/entiteName/CNU/idChild/32

Choix de date de soutenance en vue du calendrier de qualification

(credit: Windows on Unsplash)
(credit: Windows on Unsplash)

Les dates de campagnes de qualification peuvent déterminer la date de votre soutenance. Celle-ci doit donc être fixée en gardant à l’esprit que le dépôt du dossier doit se faire avant la mi-décembre. Parmi les pièces justificatives demandées, il y a le rapport de soutenance complet. Ceci implique qu’il faut aussi prévoir un peu de temps pour l’élaboration de ce rapport par votre jury, mais aussi, le cas échéant pour sa traduction en français car il ne faut pas transmettre de rapport dans une autre langue que le français.

Il est donc peu stratégique de prévoir une soutenance après début décembre si l’on veut participer dans la foulée à la première campagne de qualifications. Si l’on manque cette date limite, il faudra attendre la prochaine session l’année suivante. Si possible, il vaut ainsi mieux prévoir une soutenance en octobre ou novembre, si l’on a décidé d’une soutenance à l’automne.

Justificatifs à communiquer issus de votre soutenance : attestation de réussite au doctorat + rapport de soutenance complet (en français).

Etapes de la qualification

Une fois la thèse soutenue en bonne et due forme, donc, il faut commencer à préparer son dossier de qualification et entamer les démarches assez rapidement. A titre d’exemple, voici le calendrier pour la session 2025-26 :

  • 3 novembre au 15 décembre 2025 : dépôt des pièces sur Odyssée (et non pas Galaxie, comme pour les candidatures d’ATER).
  • Fin janvier 2026 : notification de recevabilité administrative des dossiers (confirme en gros que vous avez bien tout mis dans votre candidature)
  • Avant fin mars 2026 : notification de réussite ou non à la qualification

Critères de réussite à la qualification

Les deux rapporteurices désigné.es pour juger votre aptitude à exercer les fonctions de MCF étudieront (pour la section 11 au moins) :

(credit: Markus Winkler on Unsplash)
(credit: Markus Winkler on Unsplash)

  • la qualité de votre dossier scientifique (sur la base de votre thèse, des pré-rapports, de vos communications, articles…)
  • le niveau en langue anglaise (à partir d’informations concernant votre nationalité, de longs séjours, l’agrégation…)
  • l’expérience d’enseignement (surtout dans le supérieur)
  • expérience de recherche (colloques, animation de la vie de la recherche…)
  • responsabilités administratives (coordination pédagogique, représentation…)

La constitution d’un CV analytique présenté de manière claire et détaillée a ainsi toute son importance.

Les rapports seront normalement consultables après-coup.

Saisie de la candidature sur Odyssée : conseils

Quelques conseils pour un processus fluide :

  • faire une checklist des pièces justificatives à joindre
  • faire toutes les étapes d’un coup car on ne peut pas sauvegarder à mi-chemin pour y revenir plus tard. Rassembler tous les justificatifs requis dans un dossier avant.
  • Faire des captures d’écran à chaque étape en cas de bug
  • Fournir des PDF des articles qu’on a écrits en les téléversant sur la plateforme
  • S’y prendre en avance en cas de problème technique pour avoir le temps de prendre contact avec les gestionnaires et résoudre le problème
  • Ne pas oublier de cliquer sur VALIDER à la fin, sinon tout est perdu

Tout ceci n’est pas sorcier, mais il faut être bien vigilant.e à ne rien oublier en termes d’étapes ou de justificatifs !

Louise McCarthy
Louise McCarthy

HAL : Pourquoi, comment et quoi faire ?

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HAL, c’est quoi et pourquoi l’utiliser ? Prenez de l’avance

Si tu es chercheur·euse ou doctorant·e, tu as sûrement entendu parler de HAL (Hyper Articles en Ligne), cette mystérieuse archive ouverte où atterrissent les publications scientifiques. Mais pourquoi y déposer ses travaux ?

D’abord, HAL, c’est du libre accès. Cela signifie que n’importe qui (les étudiant·es, les chercheur·euses, et même tata Monique) peut consulter tes recherches sans payer un abonnement (souvent hors de prix) à une revue. C’est un moyen d’élargir son lectorat tout en respectant les droits des auteur·ices. De plus, c’est une archive institutionnelle soutenue par plusieurs organismes de recherche, ce qui permet d’archiver de façon pérenne, officielle et sécurisée les résultats de ses recherches.

En plus, ton établissement (coucou Nantes Université) recommande vivement d’y déposer tes publications car c’est obligatoire pour l’évaluation HCERES (le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). Dans le cas de ta thèse, c’est carrément/même obligatoire ! Déposer dans HAL, c’est aussi une façon de remplir tes engagements envers la structure qui te finance, notamment si ton contrat doctoral provient d’un financement ANR (Agence Nationale de la Recherche) ou comme Horizon 2020. Et cerise sur le gâteau : c’est une protection contre le plagiat, un archivage pérenne et une visibilité accrue. En gros, c’est vraiment le couteau suisse de la science ouverte.

Attention, distinction cruciale !

Avant de foncer tête baissée et de balancer tous tes fichiers sur HAL, il faut bien faire attention : toutes les versions d’un même article ne sont pas équivalentes.

  • 1. Le preprint : c’est la version que tu soumets à un éditeur, celle qui n’a pas encore subi les épreuves (demande de modifications et peaufinage des relecteurs scientifiques et éditeurs).
  • 2. Le postprint (ou version auteur acceptée) : c’est la version corrigée après évaluation par les pairs, mais avant la mise en page éditeur. C’est souvent celle-ci qui est autorisée à être publiée sur HAL.
  • 3. La version éditeur : c’est celle toute belle, mise en page par la revue, et souvent protégée par abonnement

Tu peux mettre ces trois versions sur HAL, mais pas n’importe comment. Les droits diffèrent selon l’éditeur et le type de document.

Et la propriété intellectuelle dans tout ça ?

La loi protège toute œuvre originale, et en tant qu’auteur·ice, tu as des droits inaliénables, ce qui veut dire qu’on ne peut pas citer ton texte n’importe comment (droit moral) et que tu gardes la paternité du texte. En revanche, les droits patrimoniaux (qui permettent de tirer un bénéfice financier des textes), eux, peuvent être cédés à un éditeur, souvent pour 70 ans. Pour plus de détails sur ce point tu peux consulter ce site : https://www.sacd.fr/fr/droit-moral-droit-patrimonial).

Bonne nouvelle : depuis 2016, la Loi pour une République numérique permet aux chercheur·euses de diffuser leurs articles si leur recherche a été financée au moins pour moitié par des fonds publics  – ce qui est souvent le cas dans un laboratoire.

Mais attention, en sciences humaines et sociales, il y a un embargo de 12 mois sur la diffusion des postprints. Il faut donc attendre avant de pouvoir mettre ses publications en accès libre.

Configurer son compte HAL, c’est (presque) comme créer un profil sur un réseau social

Si tu veux que ton profil HAL soit bien optimisé, il faut :

  • 1. Compléter ton profil (affiliation, discipline, préférences de dépôt…)
  • 2. Associer ton ORCID (Open Researcher and Contributor ID), un identifiant unique utilisé pour suivre tes publications et éviter les confusions entre auteurs homonymes. Certains éditeurs le demandent lors de la soumission d’un article. Pour en savoir plus : https://orcid.org/
  • 3. Vérifier que ton nom est bien orthographié sous toutes ses variantes possibles (Si une revue a publié ton nom avec une faute de frappe il y a des années, il ne faut pas l’oublier par exemple !)

Et surtout, pense à affilier correctement les auteur·ices à chaque dépôt pour éviter que tes co-auteur·ices ne disparaissent dans les limbes d’Internet.

Le dépôt dans HAL : mission pas si impossible

Quand tu veux déposer un document, tu dois :

  • 1. Sélectionner le bon type de document (article, chapitre, communication…)
  • 2. Remplir les métadonnées (titre, auteur·ice, DOI…)
  • 3. Vérifier que ton document n’est pas déjà sur HAL, et aurait été déposée par un.e coauteur.ice (le site fait une vérification, mais un petit coup d’œil en plus ne fait jamais de mal)
  • 4. Choisir si ton fichier sera visible immédiatement ou après un embargo (6-12 mois si nécessaire)

Une fois déposé, ton fichier est vérifié par une équipe humaine (oui, des vraies personnes qui lisent tout !). Ensuite, il sera référencé sur Google Scholar, les moteurs de recherche des bibliothèques et même Google tout court.

⚠️ À savoir : Une fois un fichier déposé dans HAL, impossible de le supprimer. Donc, réfléchis bien avant de cliquer sur “valider” !

Pour les chapitres d’ouvrage, ça se complique un peu

Si tu veux déposer un chapitre d’ouvrage, il faut vérifier la politique de ton éditeur·ice et obtenir une autorisation si nécessaire. Moi personnellement, j’ai reçu ce genre de réponse :

« En raison de notre accord existant avec les plateformes de distribution de livres numériques, nous regrettons de ne pas pouvoir autoriser la publication des textes des contributeurs sur des archives en ligne en accès libre. Cela pourrait en effet entraîner des conflits avec les bases de données telles que Cairn ou Numérique Premium, ainsi que des problèmes de référencement. Nous ne pouvons pas créer ainsi de concurrence sur le marché du livre numérique.

Merci pour votre compréhension. »

 Cela me laisse penser que c’est très difficile de publier sur les archives ouvertes des chapitres de livres, du moins quand l’article est aussi disponible via Carin ou d’autres plateforme. Mais cela vaut toujours le coup de demander !

En revanche, si tu publies une communication de colloque, aucun souci, la loi permet de la diffuser sans vérification préalable. Tu peux dans tous les cas déposer des notices de tout ce que tu fais ou publies même si tu ne déposes pas le texte complet.

À savoir

Le Syndicat national de l’édition (SNE) représente les intérêts des éditeurs et rappelle que l’édition est un travail. Ce rapport de force n’est pas toujours à l’avantage des chercheur·euses, et le droit est une ressource essentielle dans cette lutte. Plus d’infos sur le site du SNE : www.sne.fr.

Certains organismes encouragent la stratégie de non-cession des droits (Rights Retention Strategy) pour éviter que les éditeur·ices ne s’accaparent totalement la diffusion de nos travaux. En gros : mieux vaut être au courant avant de signer un contrat.

Voilà, maintenant tu sais tout (ou presque) sur HAL ! Alors, convaincu·e ? Prêt à rendre tes recherches accessibles au monde entier et à briller dans la galaxie du libre accès ? 🚀

Et si jamais ce billet ne répond pas à toutes tes questions, sache que les équipes des BU (très compétentes et très sympas) sont là pour t’aider et t’accompagner dans le processus. N’hésite pas à les solliciter, c’est leur métier !

Louis Pichot

 

Kew (Londres): The National Archives

C’est près des jardins botaniques de Kew, dans l’ouest londonien, que se trouvent les archives dédiées à la documentation officielle du gouvernment britannique. Il faut compter environ 1h de trajet en transports depuis les principales gares de Londres pour se rendre aux National Archives, puis 15min à pied depuis la station de métro la plus proche. Mieux vaut réserver un logement sur place pour gagner en temps et en énergie.

Préparatifs

 

national archives - library
The National Archives, Kew (photo: Louise McCarthy)

Tout se trouve dans le hall à gauche, y compris le vestiaire où il faut déposer ses affaires et transvaser le nécessaire (ordinateurs portables, carnets, stylos, chargeurs, etc.) dans un des sacs en plastique mis à disposition. L’accès aux salles de lecture débute à 9h30. Pour les novices qui ne détiennent pas encore leur passe, l’accueil se fait au 1er étage pour recevoir sa carte d’accès (appelée « ticket »). N’oubliez-pas d’apporter une pièce d’identité ainsi qu’un document attestant de votre lieu de résidence (contrat d’assurance, relevé bancaire, facture d’électricité…) pour obtenir votre « ticket » valable 3ans. Attention, celui-ci affichera une photo d’identité prise sur le vif et déformée à l’impression. Inutile d’essayer de se recoiffer ou de présenter son meilleur profil, donc.

Réservations de documents

manuscript - archives
Un des volumes des Colonial Office Records (photo: Louise McCarthy)

Il est fortement recommandé de s’enregistrer en ligne au préalable et de commander ses documents au moins 7 jours à l’avance, en particulier parce que certaines “séries” de documents ne sont pas stockées sur place, et leur acheminement peut prendre plusieurs jours. Il est possible de réserver des documents pour le jour-même s’ils sont déjà à Kew. Ceux-ci peuvent être commandés par lots de 3 à partir des ordinateurs mis à disposition. Il faut compter une bonne heure avant de pouvoir réceptionner ces documents dont la disponibilité peut être vérifiée à une borne. NB : il est impossible de réserver des documents à partir de son ordinateur personnel.

Installation

manuscript - archives
Détail de manuscrit – archives coloniales du début 17e (photo: Louise McCarthy)

Une place en salle de lecture est attribuée, soit au 1er soit au 2e étage. Vos affaires seront passées en revue à chaque entrée et sortie dans une salle de lecture ; il faudra ouvrir son ordinateur, ses carnets, etc. Mieux vaut avoir prévu un crayon de bois ordinaire (mon critérium fut pris en otage à cette étape).

Infos pratiques

Ouverture du mardi au samedi.

Cafétéria, café, et petite boutique sur place (pour un crayon de bois réglementaire, par exemple, ou un livre pour la pause). Terrasses au soleil, si la météo anglaise se révèle clémente.

Les +

  • Le personnel très aidant

  • Le calme et les petits espaces de travail confortables dans le bâtiment

  • Pas de foules de touristes (contrairement au British Museum et la British Library, notamment)

    • Les jardins botaniques royaux à proximité

    Les –

    • Site excentré

    • Catalogue plutôt intimidant

    • Bâtiments hideux

    • Salles de lecture très climatisées (pour le bien de nos amis les manuscrits)

    • Un certain nombre de séries stockées hors-site nécessitant des précautions logistiques

    https://www.nationalarchives.gov.uk/

    Louise McCarthy
    Louise McCarthy

    Recension/book review: qu’est-ce que c’est?

    Faire un doctorat, ce n’est pas seulement poursuivre ses recherches en vue de produire une thèse. C’est aussi se former aux diverses tâches qui reviennent aux universitaires, surtout si on se destine à une carrière de recherche.

    Faire une recension (book review, en anglais) consiste à rédiger un compte-rendu d’ouvrage scientifique dans une perspective critique. La recension offre une vue synthétique des contenus et situe l’objet de la recension dans un champ disciplinaire et critique. On se fait donc temporairement critique culinaire pour le monde académique, mais sans fourchette.

    Avant

    Il se peut qu’une revue sollicite directement des personnes pour écrire une recension, qu’un appel circule sur les listes de votre institution, ou que vous répondiez à un appel à recensions diffusé par une revue. Choisissez des ouvrages qui se rapprochent au maximum de votre recherche afin que le travail de recension serve à vos propres travaux (et que vous ayez un peu de légitimité à écrire la chose).

    Si nécessaire, quelques recherches préliminaires peuvent aider à comprendre qui a écrit le livre, pourquoi, dans quel contexte (politique, social, historique, historiographique…), en réponse à quels questionnements scientifiques, etc.

    Pendant

    Crayon en main, une première lecture permet de baliser les concepts clefs, d’identifier la démarche et la structure du texte, et de relever d’éventuelles citations intéressantes ou représentatives. Il est essentiel de prendre des notes synthétiques parce que la recension elle-même sera normalement assez courte.

    livre - notes
    Livre annoté et fichage sur Word (crédit: Louise McCarthy)

    L’on peut s’appuyer sur sa propre connaissance de la littérature existante dans le domaine pour éclairer sa lecture et nourrir sa recension. Pour une recension de Cartographie radicale (Paris : La Découverte, 2021) de Nepthys Zwer et Philippe Rekacewicz, par exemple, l’on doit garder à l’esprit des notions, approches et traditions comme le tournant textuel en histoire de la cartographie, le développement de la cartographie critique dans les années 1980, l’apport de John Brian Harley au renouvellement de la discipline, etc. Tout ceci permet de situer l’ouvrage dans un écosystème scientifique plus large.

    Une fois votre lecture (et relecture) faite, rassemblez ce qui vous paraît essentiel, construisez un résumé argumenté et critique de l’ouvrage. Votre langue doit être claire et rigoureuse. Adoptez idéalement une posture bienveillante, humble et honnête à l’égard de l’ouvrage recensé.

    Et après?

    livre - loupe
    Dissection à la loupe (crédit: Teslariu Mihai sur Unsplash)

    N’hésitez-pas à soumettre votre texte à votre directeur ou directrice pour une relecture rapide avant l’envoi au contact indiqué par la revue. Si vous rencontrez des difficultés à synthétiser harmonieusement un ouvrage collectif ou une revue à contributions multiples, inspirez-vous d’autres modèles et faites-vous conseiller par des personnes plus expérimentées.

    La recension sera normalement publiée dans une section dédiée de la revue. Il y a généralement une cohérence disciplinaire, thématique et/ou critique entre la revue où paraît la recension et l’objet de cette dernière.

    Pas besoin de se casser la tête à trouver un titre accrocheur: le titre de la recension correspondra au titre de l’ouvrage recensé, avec le nom de l’auteur ou de l’autrice. Votre nom figurera à côté ou en fin de recension, en tant qu’auteur ou autrice de cette recension. 

    Pourquoi faire une recension quand on est en thèse?

    La recension est un exercice stimulant qui invite à explorer un article ou ouvrage en profondeur tout en y portant un regard critique. Elle n’est a priori pas trop coûteuse en termes de temps (contrairement à un article ou une communication). Elle permet aussi de diversifier ses compétences en tant que jeune chercheur/chercheuse, d’ajouter une ligne de publication à son CV, et (on ne va pas se mentir !) de se donner un peu de visibilité. Et ça peut être l’occasion d’obtenir un ouvrage scientifique gratuitement…

    Ressources

    Il existe des normes plus ou moins universelles pour lesquelles on peut se référer à des recensions qu’on a soi-même lues ailleurs, ou à des pages web dédiées contenant des conseils et consignes d’écriture. Les revues auront aussi leurs propres règles et procédures qu’il conviendra de suivre scrupuleusement.

    Protocole pour une recension pour la revue de l’Institut Français d’Histoire en Allemagne : https://journals.openedition.org/ifha/6431

    Guide de l’université de Laval : https://roberge.mus.ulaval.ca/gdrm/09-recen.htm

    Exemples de courtes recensions pour Espaces et Sociétés (2013) : https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2013-1-page-241.htm

    Louise McCarthy
    Louise McCarthy

    Washington, D. C. (USA): Library of Congress

    Malgré son nom et son lien avec le Congrès qu’on aperçoit des fenêtres du Jefferson Building, cette bibliothèque est une institution ouverte au public. Il est même possible de la visiter gratuitement, mais c’est à ses ressources pour la recherche que le présent billet s’intéresse. Je vous propose ainsi un bref guide pour vous décider à faire le déplacement et pour vous repérer une fois sur place.

    Trois sites à Capitol Hill

    La bibliothèque se divise en trois sites : Adams Building, Madison Building et Jefferson Building, ce dernier étant le bâtiment historique principal. Tous trois sont à proximité l’un de l’autre au cœur de la vie politique fédérale américaine et non loin des musées gratuits qui jalonnent le National Mall (‘esplanade nationale’).

    library - washington - research
    James Madison Memorial Buidling, Library of Congress (credit: Louise McCarthy)

    Identifiez donc au préalable où vous avez besoin de vous rendre. Les divers départements de la bibliothèque sont répartis sur les trois sites. Par exemple, pour consulter des cartes, il faut rejoindre la ‘Geography & Map Division’ dans les sous-sols aux allures d’hôpital du Madison Building. Les livres rares, entre autres choses, se trouvent eux au Jefferson.

    Obtenir sa reader’s card et réserver des documents

    Pour accéder aux ressources que vous avez localisées, il vous faudra une carte. Vous pouvez remplir un formulaire en ligne pour préparer votre bref entretien, ou simplement vous rendre sur place. Les démarches sont faciles et rapides, et il suffira de vous présenter au bureau dédié au 1er étage du Madison Building, muni.e d’une pièce d’identité. On imprimera alors pour vous une carte valable un an sur laquelle seront immortalisés les cernes accumulés pendant votre voyage.

    book - library
    Purchas his Pilgrims (1625) accessible aux ‘Rare Books and Special Collections’ (credit: Louise McCarthy)

    Cette carte donne accès aux salles de lecture et ressources de l’institution, mais aussi aux tunnels (je vous laisse le soin de consulter internet pour de plus amples détails). Il est aisé de commander des documents et ce, parfois la veille pour le lendemain. Pour toute question, vous pouvez communiquer avec le personnel en utilisant le service « ask a librarian » en ligne ou par email si vous avez déjà des contacts.

    Ask a librarian: https://ask.loc.gov/

    Le Jefferson Building

    L’architecture antiquisante du Jefferson Building vaut en soi le détour, mais surtout, c’est là que se trouvent la vaste salle de lecture centrale (au 1er), le Kluge Center (aussi au 1er), et les ‘Rare Books & Special Collections’ (au 2e). Votre carte vous donnera accès au bâtiment par l’entrée dédiée au personnel, à droite de l’accès au public. Après une enfilade de couloirs labyrinthiques et une ascension au 1er ou au 2e, vous pourrez enfin établir vos quartiers quelque part.

    library - washington - research
    Main Reading Room, Library of Congress (credit: Louise McCarthy)

    Attention, la grande salle de lecture centrale est un bel espace mais n’est pas très confortable pour travailler longtemps (tables inclinées et glissantes,murmures de touristes, courants d’air, ouvrages de référence pas empruntables…).

    Le ‘Kluge Center’

    library - washington - research
    Jefferson Building, Library of Congress (credit: Louise McCarthy)

    Vous préférerez ainsi peut-être obtenir votre propre bureau au Kluge Center (au 1er étage) en écrivant à ses administrateurs. Présentez-vous par email, ‘state your business’ et demandez poliment un espace de travail individuel (‘cubicle’) qui puisse vous servir de base pour une période déterminée. De ce bureau, vous pourrez commander des ouvrages de littérature secondaire, rencontrer d’autres chercheurs/chercheuses, accéder à des bases de données autrement payantes, etc.

    Kluge Center: https://www.loc.gov/programs/john-w-kluge-center/about-this-program/about-the-kluge-center/

    Louise McCarthy
    Louise McCarthy

    Obtenir son détachement ou sa mise en disponibilité : un combat rude mais loin d’être perdu d’avance

    Vous venez juste d’obtenir un poste d’ATER/de PRAG/un contrat doctoral ? Félicitations ! Il est maintenant temps de vous confronter à l’une des entités les plus terribles que vous aurez l’occasion de rencontrer au cours de votre carrière : le Rectorat.

    Dans quelle situation demander un détachement ou une disponibilité ?

    Afin de pouvoir prendre votre poste dans le supérieur sans perdre votre statut de professeur certifié ou agrégé, il vous faut obtenir un détachement ou une mise en disponibilité. Le détachement est généralement accordé pour un an (vous devrez donc refaire une demande chaque année, sauf si vous avez un poste fixe comme celui de PRAG) et vous permet de bénéficier du même régime d’avancement d’échelon et de cotisation retraite que les enseignants en poste dans le secondaire. La mise en disponibilité, quant à elle, ne vous permet pas de bénéficier de l’avancement et vous fait cotiser auprès de votre employeur et non de l’éducation nationale. La mise en disponibilité étant généralement accordée pour la durée de votre contrat, vous aurez simplement à notifier votre gestionnaire chaque année début juin que votre contrat court toujours. Le détachement est donc plus avantageux, mais peut aussi s’avérer plus compliqué à obtenir.

    Malheureusement, le détachement et la mise en disponibilité ne sont pas de droit : si le rectorat estime avoir besoin de vous, il peut invoquer la nécessité de service pour refuser votre demande. Ces cas sont fréquents dans les académies peu attractives qui manquent de personnel, à savoir l’éternelle trinité Amiens, Créteil, Versailles. Je vous conseille donc vivement de les éviter si vous savez déjà que votre projet est de partir dans le supérieur.

    carte des académies de l'éducation nationale
    The Dark Trinity (source : note d’information sur l’attractivité des académies, 13/10/12, ministère de l’éducation nationale)

    Quand et comment formuler sa demande ?

    En théorie, les demandes de détachement et de mise en disponibilité doivent être formulées lors des mutations intra académiques. Dans les faits, le décalage entre les calendriers du secondaire et du supérieur fait que la plupart des demandes sont effectuées en juin ou en juillet, bien après les résultats des mutations intra. Une demande tardive ne signifie en aucun cas un refus assuré : il est possible d’obtenir son détachement ou sa mise en disponibilité fin août ou début septembre. Veillez simplement à informer votre gestionnaire que vous comptez postuler dans le supérieur et à formuler votre demande dès que vous obtenez votre poste afin de montrer votre bonne volonté.

    Afin d’effectuer votre demande, il vous faut contacter votre gestionnaire (DPE 11 pour l’anglais), dont l’adresse mail (et parfois le numéro de téléphone) se trouve sur l’organigramme des ressources humaines de votre académie. La procédure consiste généralement à formuler une lettre adressée au recteur qui lui est transmise directement par votre gestionnaire. Il vous est possible de joindre des courriers à l’appui de votre demande. Je vous conseille vivement de demander une lettre à autant de personnes que possible : à la présidence de l’université et la direction de l’UFR ; si vous êtes en doctorat à votre directeur de thèse et la direction de l’école doctorale ; et pourquoi pas même à la présidence de la SAES qui connaît bien ce genre de situation. Le but de ces lettres est de montrer que l’université tient à vous et est prête à se battre pour que vous puissiez prendre votre poste – ces lettres permettent souvent d’échapper au refus initial presque automatique dans certaines académies (je vous laisse deviner lesquelles).

    site de l'académie de créteil pour contacter la DPE






    Contacter la DPE de Créteil (crédit : site de l’académie de Créteil, capture d’écran par Alice Marion-Ferrand)

    En cas de refus, rien n’est perdu : vous pouvez effectuer un recours gracieux (également sous forme de lettre adressée au recteur), une demande de mise en disponibilité si vous aviez demandé un détachement, et même un recours contentieux – à éviter si possible : souvent mal vu, il mène à une procédure au tribunal administratif qui vous demandera de payer un avocat et peut prendre plusieurs mois.

    En résumé : les 8 étapes pour obtenir son détachement ou sa mise en disponibilité

    1. Syndiquez-vous. Les syndicats sont de bon conseil et connaissent bien les rouages des différentes académies. Il est aussi possible de les contacter dans être syndiqué ;
    2. Lors des mutations inter académiques : fuir les académies d’Amiens, Créteil et Versailles si possible ;
    3. Lors des mutations intra académiques : demander un poste de TZR et déjà informer le rectorat de son intention de partir dans le supérieur ;
    4. Formuler votre demande auprès du recteur et y joindre le plus de lettres possible en soutien ;
    5. En cas de refus : formuler un recours gracieux, de nouveau avec des lettres à l’appui de votre demande ;
    6. Si vous aviez effectué une demande de détachement : faire une demande de mise en disponibilité ;
    7. En attendant de recevoir une réponse : monter un dossier pour le tribunal administratif. L’idéal est de trouver une personne ayant effectué une demande similaire à la vôtre mais ayant obtenu un avis favorable. Vous pourrez ainsi plaider la rupture d’égalité entre fonctionnaires ;
    8. Traîner le rectorat au tribunal administratif. Ultime recours, qui vous coûtera du temps, de l’argent et probablement le peu de santé mentale qui vous restera à ce stade.

    En ce qui me concerne, j’ai effectué ma demande de détachement mi-juillet, auprès du recteur de Créteil, alors que j’avais obtenu un poste fixe en lycée aux mutations intra. Après un refus initial, j’ai effectué un recours gracieux et une demande de mise en disponibilité en parallèle, auxquelles j’ai joint cinq lettres. En deux jours, j’ai obtenu une mise en disponibilité pour la durée de mon contrat doctoral. Je n’ai absolument pas suivi la procédure indiquée mais ai tout de même obtenu gain de cause. Ne désespérez pas : la bataille est âpre, mais vous en sortirez vainqueur. Good luck and may the force be with you!

    arrêté de mise en disponibilité
    Le Graal : arrêté de mise en disponibilité (crédit : Alice Marion-Ferrand)

    Quelques subtilités :

    • La mise en disponibilité pour convenances personnelles ne peut être attribuée qu’à des fonctionnaires titulaires. Si vous souhaitez partir dans le supérieur avant d’avoir effectué votre année de stage, il faudra demander un détachement ;
    • Si vous obtenez un détachement, il débutera en même temps que votre contrat, ce qui signifie que si votre contrat commence après le 1er septembre, vous devrez formuler une demande de mise en disponibilité pour la période entre le 1er septembre et le début de votre contrat.

    Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
    Alice Marion-Ferrand

     

     

    Comment optimiser un séjour de recherche dans des archives ou en bibliothèque ?

     

    Les séjours de recherche restent pour l’instant assez compromis, mais rien de nous empêche de nous préparer à leur retour…

    Préparer son séjour

    Il est important de prévoir combien de temps vous aurez à passer dans les bibliothèques ou archives, pour collecter les données dont vous avez besoin. Pour les bibliothèques, les catalogues en ligne permettent de localiser les ouvrages, et on trouve généralement dans leurs descriptions le nombre de page de chaque volume, ce qui peut aider à anticiper le temps qu’il faudra passer à les consulter. Certains ouvrages anciens doivent être conservés dans des conditions particulières, et il est parfois nécessaire de les réserver plusieurs jours à l’avance afin qu’ils puissent être acheminés en salle de lecture. Mieux vaut donc vérifier les conditions d’accès aux documents, pour ne pas se retrouver à perdre un ou plusieurs jours sur place.

    Pour l’aspect pratique, pensez à vérifier les démarches éventuelles à faire à votre première arrivée : par exemple, à la British Library, il faut créer une carte de lecteur(gratuite lorsqu’on fait de la recherche), ce qui prend un peu de temps le premier jour. À la Chawton House Library, une bibliothèque spécialisée dans les écrits féminins de la première modernité dans un magnifique cadre rural, il est nécessaire de prendre rendez-vous et de réserver les ouvrages à l’avance, pour être accueilli·e personnellement et amené·e dans la petite salle de lecture au cœur d’un musée sur Jane Austen. Attention aussi aux horaires, certaines bibliothèques ferment ou ont des horaires réduits le weekend. Selon l’endroit où vous allez, vérifiez aussi à tout hasard le calendrier des fêtes nationales. (Petite pensée pour cette tentative de visite à la bibliothèque universitaire de Bâle, un jour parfaitement banal en France qui s’est avéré être férié en Suisse. Je ne faisais pas la fière dans mon train de retour vers Strasbourg.)

    L’aspect financier

    Les voyages pour travailler en archives lointaines peuvent être coûteux, entre les trajets, l’hébergement, et la vie sur place. Il est possible de postuler à des bourses qui financeront en partie ou totalement vos frais, il est donc toujours utile de jeter un œil aux opportunités de financements (nous tenons une veille des bourses sur ce carnet, et tous les réseaux sont bons à utiliser).

    Une autre possibilité est de coupler le séjour en archives à une communication dans un colloque, car bien souvent votre école doctorale et/ou votre unité de recherche pourront contribuer aux frais de déplacement. Si les frais d’hébergement et de bouche hors colloque ne seront peut-être pas pris en charge, il est déjà bien appréciable de ne pas avoir à payer l’intégralité des trajets.

    Sur place

    Photo by Sigmund on Unsplash

    Une fois sur place, à la bonne heure et les documents en main, reste la manière de procéder pour récolter les données utiles. Il faut savoir que certaines bibliothèques et archives n’autorisent pas les stylos, mais il est en général possible d’emporter un crayon à papier et son ordinateur. Si c’est possible, prendre des photos permet de pouvoir reporter à plus tard le travail de précision et de collecter toute la matière brute dont on peut avoir besoin. Si vous avez des montagnes de documents à analyser, pensez à inclure dans le cadre de vos photos tout ce qui permet d’identifier chaque document et à écrire la référence dans le titre. Ce serait dommage, plusieurs semaines ou mois plus tard, de ne plus savoir ce qui est quoi, et de pester en vain contre votre past self pour sa négligence… Mieux vaut certainement d’ailleurs récolter plus de donner que pas assez, quitte à ne pas tout utiliser immédiatement. Ce qui peut paraître superflu au début se révélera peut-être précieux plus tard.

    Et enfin, même si le temps vous manque, profitez de ces moments dans la sérénité des bibliothèques et de ce qu’offre l’endroit où vous vous trouvez, on n’a pas tous les jours l’occasion de flâner dans la campagne du Hampshire. Enjoy!

    Juliette-Misset
    Juliette Misset

     

    La recherche aux temps du coronavirus

     

    Depuis le premier confinement de mars 2020, l’accès aux ressources pour la recherche est difficile, et variable selon le niveau de restrictions là où l’on se trouve—et là où se trouvent les ressources.


    Photo by Alfons Morales on Unsplash

    Liste non-exhaustive (et bilingue) de ressources en ligne à exploiter

     

    La liste sera mise à jour à mesure que nous prenons connaissance de tout ce qui peut être à portée de clic !

     

    Juliette-Misset
    Juliette Misset