Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Appel à communication colloque :“(L)imite : imitation et limitations à l’Époque moderne en France et en Europe”(Université de Rouen, 3-4 juin 2027)

L’Époque moderne, tant d’un point de vue littéraire qu’historique, couvre la période allant de la Renaissance (fin du XVe siècle) jusqu’aux révolutions du XVIIIe siècle – siècle dit des “Lumières” (Age of Reason ou Englightenment en anglais)- qui bouleversent l’ensemble de l’espace européen.

Cette longue période marque en Europe un profond renouvellement intellectuel et artistique, nourri par un contact approfondi avec les sources antiques, et indissociable d’un réinvestissement de la théorie de la mimèsis comme image du réel. La notion s’avère doublement ambiguë, par sa double origine (platonicienne et aristotélicienne) et sa double valeur : comme représentation idéalisée ou comme imitation. Sur le plan pictural, le développement de la perspective — notamment à travers le De pictura de Leon Battista Alberti (1435) et le De prospectiva pingendi de Piero della Francesca (1472, publié en 1482) — s’inscrit dans la dernière de ces orientations : l’œuvre d’art se pense comme une image fidèle, ou trompeuse, du réel. Sur le plan littéraire, l’importance de la notion esthétique de vraisemblance et son corrélat éthique, le decorum — soit l’influence de la Poétique d’Aristote infléchie par la lecture d’Horace — participent d’un système de représentation où le rapport au réel est plus médiatisé.

Si l’imitation (du latin imitatio qui traduit mimèsis) se présente ainsi d’un côté comme image du réel, elle renvoie de l’autre à une pratique référentielle d’émulation et de reprise. En effet, l’imitation artistique se conçoit, à partir des théoriciens italiens du XVIe siècle, moins comme une imitation directe de la nature (fût-elle « belle nature » idéalisée), que comme une imitation des écrivains grecs et romains, considérés comme les modèles d’une bonne imitation. La pratique la plus répandue consiste à citer ou à s’approprier des idées, des formules, des topoï empruntés aux Anciens, à ses prédécesseurs ou ses contemporains. Cette référentialité essentielle est rarement explicitée à l’époque considérée, car la citation sans mention de sa source est précisément ce qui manifeste, alors, l’érudition de l’auteur. Il en résulte des textes où les frontières entre texte originel et texte de reprise s’effacent — et où l’imitation est autant redéploiement que délimitation. Le voyage en Italie, pratiqué par de nombreux auteurs de toute l’Europe, est conçu comme un retour aux sources où l’artiste vient s’immerger parmi les traces laissées par les Anciens, espérant alors, fort de ce contact direct malgré les siècles, pouvoir au mieux les imiter. Goethe, l’un de ces auteurs voyageurs, n’hésite pas à se mettre en scène dans “la campagne romaine”, selon le titre du portrait de Tischbein. De son côté, Winckelmann relance le débat sur l’imitation absolue des Anciens, et en particulier de l’Antiquité grecque, jusque dans les modes de vie : alors que des genres modernes comme les contes et les romans picaresques, en rupture affichée avec l’Antiquité et favorisant une logique parfois du débordement, connaissent un succès croissant dans toute l’Europe, la fin de la période voit donc aussi un retour volontiers outré à l’imitation et à la (dé)limitation en littérature et dans les arts en général.

C’est précisément ce passage de l’imitation à la limitation qui constituera le fil conducteur de ce colloque, dans toute la diversité de ses manifestations. Du latin limes, la limitation renvoie à la notion de frontière, centrale à plusieurs égards. Sur le plan géopolitique, l’affirmation de centres de pouvoir et de zones périphériques redessine l’espace européen. Ainsi, à l’heure même où les pays du Vieux Continent affermissent et durcissent leurs frontières nationales, l’Europe se consitute d’autant plus en tant que vivier culturel et devient le théâtre de circulations artistiques et littéraires d’un dynamisme sans précédent. Mais les frontières ne sont pas seulement terrestres : la (re)découverte des Amériques ouvre de nouvelles routes maritimes et entraîne l’acquisition de territoires ultramarins, repoussant les limites du monde connu. Dans un registre politique plus intérieur, la limitation, quand elle parvient à s’affirmer, prend aussi la forme de l’oppression et de la censure — qu’il s’agisse de la répression du protestantisme lors des guerres de Religion ou du contrôle culturel exercé sous le règne absolu de Louis XIV : pouvoir qui se confronte à ses propres limites. D’autres régimes dans l’espace européen font en parallèle une expérience différente de la limitation en termes géopolitiques, ce qui a conduit alors à penser le pouvoir autrement. Quand en Angleterre celui-ci est traversé par une crise liée à la séparation, le roi légitime devant fuir, vivre et même mourir hors des frontières de son royaume après la révolution, d’autres pays fonctionnent selon une logique du morcellement, comme l’Allemagne et l’Italie, particularités dont témoignent les aventuriers qui sillonnent l’espace européen, au premier chef desquels Casanova.

Les limites peuvent ainsi se révéler poreuses, notamment lorsqu’il s’agit de frontières disciplinaires. Les récits de voyage relatant les rencontres avec de nouvelles populations et les découvertes géographiques participent de la recon- figuration d’un imaginaire spatial et anthropologique, tout en constituant des objets d’étude littéraires à part entière. De même, les mémoires — de Fairfax à Henri de Mesmes et de Bussy-Rabutin au Cardinal de Retz — témoignent entre les lignes d’une autre vision de l’histoire portée par les vaincus ou d’un autre rapport de l’individu au groupe : Jean-Jacques Rousseau et surtout Rétif de La Bretonne par exemple exposent ainsi volontairement dans ce qu’elle peut avoir de plus cru leur intimité, au nom d’une sincérité nécessaire, que personne avant eux n’aurait pratiqué au même degré. Ces exemples illustrent combien l’approche interdisciplinaire n’est pas seulement une méthode de travail, mais une nécessité imposée par les objets eux-mêmes.

La question des limites s’étend enfin à la matérialité du texte, inséparable depuis son origine de l’interrogation sur sa propre nature. Les supports présentent des degrés variables de fragilité ; les dimensions de la page imposent des contraintes de contenu tandis que se multiplient les formats, donc les usages, du livre. Ces limites touchent également aux formes poétiques et génériques : dans le domaine dramatique, Molière développe ainsi la comédie-ballet, intégrant les intermèdes au sein même de la pièce et mêlant ars dramatica, musique, chant et ballet, quand Schiller réintroduit les chœurs antiques dans ses pièces. Plus facétieux, Cyrano de Bergerac inclut des partitions musicales dans ses romans en guise de langage extraterrestre, alors que Laurence Sterne dans son Tristram Shandy joue sur les limites du typographique en insérant des pages complètement noires. Cette hybridité générique s’exerce pourtant dans un cadre qui se veut parfois bien régulé, en particulier en France à travers par exemple le contrôle de l’Académie française (fondée en 1635) et des diverses académies instituées tout au long du XVIIe siècle.

Dans cette perspective, les humanités numériques s’imposent comme un champ de recherche transversal, à même de renouveler l’étude de ces objets. En intégrant des méthodologies de préservation, d’analyse, d’édition critique et de développement d’outils, elles permettent non seulement de conserver et diffuser les textes, mais aussi d’interroger autrement leurs conditions de production, de circulation et de réception. À ce titre, elles constituent un axe à part entière de ce colloque, en dialogue avec les autres problématiques évoquées.

Axes thématiques

Ce colloque vise à réunir des spécialistes issus de disciplines variées pour une réflexion interdisciplinaire sur ces deux macro-notions — imitation et limitation — et leurs déclinaisons dans l’espace francophone et européen de l’Époque moderne. Les axes suivants, non exhaustifs, orientent les propositions :

  • La mimèsis et ses limites : la littérature et les arts comme imitation du réel. Cet axe sera l’occasion de mesurer l’importance de l’imitation de la nature : dogme ou repoussoir ? Quelle place accorde-t-on à la fantaisie ? Pourront être proposées ici des études sur le développement de la pensée au sujet de la notion de « vraisemblance » et sur d’éventuelles évolutions thématiques auxquelles ces réflexions ont pu mener (abandon ou transfor- mation de la part accordée au merveilleux, débats sur la place à accorder aux croyances païennes et sur la pertinence des représentations mytholo- giques, etc.). Une place singulière sera accordée au sein de ce premier axe à la question spécifique de la vocation mimétique (ou non) de la musique à l’âge classique : pensée comme un art mimétique par Aristote, et classée par Leibniz parmi les arts abstraits, quel rapport entretient-elle au cours de la période considérée avec la question de l’imitation du réel ?
  • L’imitation, entre émulation et limitation. Quel est le statut de l’imitation, directe ou indirecte, dans la création littéraire ou musicale de la première modernité ? On pourra s’intéresser ici aux enjeux des grandes disputes poétiques (ainsi autour du Cid ou de La Princesse de Clèves, à la querelle des Anciens et des Modernes ou à celle des Lullystes opposés aux Ramistes). Autre versant de la même question : celle de la place des femmes assumant (ou non) leur pratique d’écrivaines ou de peintres, avec ce que ce choix impose comme performance de genre, entre reprise et refus des postures établies.
  • Frontières et (dé)limitation : cet axe invite particulièrement des ré- flexions sur la circulation des oeuvres dans l’espace européen. On peut penser à la traduction et la réception internationale (ou, éventuellement, provinciale) comme prolongement, adaptation, infléchissement, détour- nement. Comment une oeuvre est-elle modifiée en passant d’une zone géographique et culturelle à une autre, et dans quels buts ? Ces modifica- tions imposent-elles des restrictions à l’oeuvre originelle ou, au contraire, peuvent-elles en décloisonner certains aspects ? L’imitation et ses limites, qu’elles soient géographiques (zone d’influence) ou poétiques (accultura- tion). Mais aussi les représentations de la frontière, avec par exemple les récits de voyage et les traités philosophiques comme politiques, et ce qu’elles disent de l’espace européen d’alors : est-il perçu comme un ensemble morcelé ou comme un tout englobant ?
  • Limitations politiques et idéologiques de la reproduction : cen- sure, privilèges, contrefaçon. Cet axe s’inscrit dans l’évolution du paysage éditorial européen sous l’Ancien Régime, avec son régime officiel de permissions et de privilèges, doublé de la circulation non autorisée de contrefaçons et d’éditions pirates.
  • Limitations matérielles de la reproduction. Seront abordées ici par exemple les questions de difficultés pratiques éditoriales, les conditions d’impression comme de conservation des documents, ou encore la (bonne ou mauvaise) qualité des matériaux utilisés. On pourra aussi envisager le problème de la répartition des formats par genres, de l’adjonction de gravures potentielles ainsi que des difficultés de mise en page ou de notation, pour la musique par exemple.
  •  Œuvres limites défiant les normes esthétiques ou morales, les limites du « bon goût » associé parfois abusivement aux œuvres d’Ancien Régime.
  • Humanités numériques comme domaine d’étude transversal. Les humanités numériques inviteront enfin à repenser les limites disciplinaires, à travers le chevauchement qu’elles opèrent entre culture classique — traditionnellement associée au « grand dix-septième siècle » — et approches d’analyse techniquement innovantes.

Modalités de soumission

Les propositions ne devront pas excéder 500 mots et seront accompagnées d’une brève notice biobibliographique et de 5 mots-clés. La date limite de soumission est fixée au 2 novembre 2026 ; celles-ci doivent être envoyées à l’adresse colloquelimite@protonmail.com. Les propositions feront l’objet d’une double évaluation par le comité d’organisation et le comité scientifique ; les résultats seront communiqués au plus tard le 15 décembre prochain. Le colloque se tiendra les 3 et 4 juin 2027. Les actes du colloque feront l’objet d’une publication.

Bibliographie indicative

  • BECQ, Annie, Genèse de l’esthétique française moderne. De la raison classique à l’imagination créatrice (1680-1814), Albin Michel, 1994.
  • CARTER, Sarah, Early Modern Intertextuality, Springer International Publishing, 2021.
  • CARRON, Jean-Claude, « Imitation and Intertexuality in the Renais- sance », New Literary History, vol 19, n° 3, 1988, p. 565–579
  • DOUGUET, Marc, « Entrée en scène, entrée en acte », Agôn, n° 5, Asso- ciation Agôn, janvier 2013, en ligne, https://journals.openedition.org/ago n/2346.
  •  ESMEIN-SARRAZIN, Camille, L’Essor du roman. Discours théorique et constitution d’un genre littéraire au XVIIe siècle, Honoré Champion, 2008.
  • FRANSEN, Sietske et Katherine M. REINHART, “The practice of copying in making knowledge in Early Modern Europe : an introduction”, Word & Image, vol.35, n°3, p.211–222
  • GALEY, Alan, The Shakespearean Archive : Experiments in New Media from the Renaissance to Postmodernity, Cambridge University Press, 2014. • GRANDE, Nathalie, Stratégies de romancières. De Clélie à La Princesse de Clèves (1654-1678), Honoré Champion, 1999.
  • HOBSON, Marian, The Object of Art : The Theory of Illusion in Eighteenth- Century France, Cambridge University Press, 1982.
  • JASMIN, Nadine, Naissance du conte féminin. Mots et Merveilles : les contes de fées de Madame d’Aulnoy (1690-1698), Honoré Champion 2002.
  • KREMER, Nathalie, Vraisemblance et représentation au XVIIIe siècle, Honoré Champion, 2011.
  • LICHTENSTEIN, Jacqueline, La couleur éloquente : rhétorique et peinture à l’âge classique, Flammarion, 1989.
  • MORTIER, Roland, L’originalité : une nouvelle catégorie esthétique au siècle des lumières, Droz, 1982.
  • RESCIA, Laura, « Ne pas dire et dire : émotion censurée et exprimée dans le théâtre français du XVIIe siècle (1630-1698) », Littérales, vol. 42, n° 1, Persée – Portail des revues scientifiques en SHS, 2008, p. 67‐81.
  •  SPICA, Anne-Élisabeth, Savoir peindre en littérature : la description dans le roman au XVIIe siècle : Georges et Madeleine de Scudéry, Honoré Champion, 2002.
  • TURNOVSKY, Geoffrey, The Literary Market : Authorship and Modernity in the Old Regime, University of Pennsylvania Press, 2010.

Comité scientifique
Tony Gheeraert (CÉRÉdI)
Claire Gheeraert-Graffeuille (ÉRIAC)
Anna Bellavitis (GRHis)
Mario Armellini (CÉRÉdI)
Floriane Daguisé (CÉRÉdI)
Karine Abiven (CÉRÉdI)

Comité organisateur
Federico Siragusa (CÉRÉdI)
Antoine Marchand (CÉRÉdI)
Nolwenn Pamart (CÉRÉdI)
Alice de Nanteuil(ERIAC)
Pauline Philipps (CÉRÉdI)
Amélie Briard (CÉRÉdI)
Audrey Gôme (GRHis)

Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
Alice Marion-Ferrand

Programme: “Progrès, dégénérescence, stagnation” (Montpellier, 3 et 4 septembre 2026)

18e journées des doctorant.e.s et jeunes chercheur.euse.s de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles (SEAA 17-18) et de la Société Française d’Étude du Dix-huitième siècle (SFEDS), en partenariat avec la British Society for Eighteenth Century Studies (BSECS).

Jeudi 3 septembre

9h00-9h30 — Accueil des participant.e.s (Cour des marronniers, en face des salles)

9h30-9h45 — Ouverture (Salle des colloques 1)

9h45-10h45 — Session 1

Panel 1: Nature and Knowledge – Salle des colloques 1
Chair: Emily Whittingham 

Jessica Sherlock, McMaster University, ‘Taking Root and Bringing to Light: The Precarity of Improving Natural Knowledge in Stephen Hales and Joseph Priestley’

Lai Yan Wong, King’s College London, ‘Measuring Chinese plant knowledge in Enlightenment Britain’

Panel 2: Public Performance –
Salle des colloques 2

Chair: Alice Marion-Ferrand

Emily McDermott, King’s College London, ‘Dancing Cows or Dramatick Poesie?: “Improved” Acting on the Eighteenth-Century Stage’

Bojana Andjelković, University of Belgrade, ‘Les portraits juxtaposés de la duchesse de Kingston et du comte Stiépan Zanović’

10h45-11h15 — Pause

11h15-12h15 — Session 2

Panel 3: Philosophising Progress -Salle des colloques 1
Chair: Marine Bastide de Sousa

Sabrina Consolati, Ca’ Foscari University of Venice and Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ‘Progrès scientifiques et catastrophe inéluctable : penser l’histoire dans le matérialisme français’

Kaitlyn, Sheung Chen, Université de Lille, ‘Progress in an Age of Decline: Reviewing Montaigne’s Conception of “Progrez”’

Panel 4: Health and Medicine –
Salle des colloques 2

Chair: Sarah Vidal

Alexandrea McHugh, University of Birmingham, ‘“It would tend greatly to the Safety and Convenience of the Inhabitants”: Improvement Acts and Public Health in Eighteenth-Century Britain’

Saliha Aklouf, Sorbonne Université, ‘Histoire de la circulation du sang : de Galien à Harvey, du progrès de la médecine à la satire médicale’

12h15-13h15 — Buffet (Cour des marronniers)

Panel 5: Colonial ‘Improvement’ – Salle des colloques 1
Chair: Emma Pearce

Scott Macfie, University of Glasgow, ‘Richard Oswald of Auchincruive: Slavery and Agricultural Improvement in South-West Scotland, 1764-1784’

Samuel Harrison, Turin Humanities Programme, ‘Reform the language, regenerate the people: the alphabetical imperialism of Volney’

Louise McCarthy, Université de Strasbourg, ‘“Newly augmented” and repurposed: Englishing European maps of distant lands in early 17th -century Britain’

Panel 6: Book History –
Salle des colloques 2

Chair: Megan Bennett

Can Kazan, University of Cambridge, ‘Mediators and Investors: Book Trade, Investment, and Advertising in late Stuart England’

Lucy Snow, Keele University, ‘“Your long detention of a parcel of old musty Parchments”: Stagnant Collaboration in Acquisitions to the Harleian Collection’

Lois Wignall, University of Liverpool, ‘”I…should have a great pleasure in Contributing my Mite to the Science”: Matthew Boulton’s Early Reading Strategies and their Applications’

14h45-15h15 — Pause

15h15-16h15 — Workshop “Working in and with museums and archives” (Salle des colloques 1)

16h15-17h15 — SEAA 17-18 meeting (Salle des colloques 1)

19h30 — Conference dinner

Vendredi 4 septembre

9h-9h30 — Accueil des participants (Cour des marronniers)

9h30-10h30 — Session 4

Panel 7: Philosophy and Time -Salle des colloques 1
Chair: Marine Bastide de Sousa

Camila Gonzalez-Aliaga, Université Sorbonne Nouvelle, ‘Post tenebras spero lucem: De la corruption du peuple au rétablissement de l’espoir’

Chiara Musolino, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ‘L’ordre et la durée : les cycles du temps chez les Troglodytes de Montesquieu’
Panel 8: Problematising Improvement -Salle des colloques 2
Chair: Emily Whittingham 

Yingnan Shang, University of Cambridge, ‘Forms of Uncertainty: Johnson, Language, and Eighteenth-Century Improvement’

Dimitris Dimitriou, Université Lumière Lyon 2, ‘A Side-Effect of Enlightenment Progress?: Naturalising Deviance in Eighteenth-Century Britain’

10h30-11h — Pause

11h-12h30 — Workshop ‘Faire de la recherche à l’international : enjeux, opportunités et perspectives pour les jeunes chercheuses et chercheurs’ (Doing Research Internationally: Challenges, Opportunities, and Perspectives for Early Career Researchers) (Salle des colloques 1)

12h30-13h30 — Buffet (Cour des marronniers)

13h30-15h — Session 5

Panel 9: Literary (Im)morality – Salle des colloques 1
Chair: Megan Bennett

Aino Haataja, Abo Akademi University, ‘Moral and societal improvement in Edgeworth’s Ormond (1817)’

Hannah Wilson, University of Cambridge, ‘“Give me a hint, an idea – of what you think right”: Coercive Control in Frances Burney’s Camilla (1796)’

Sara Leuner, Université Paris Cité and University of Liverpool, ‘The Rake’s Progress? Aesthetic stagnation and ideological degeneration of a literary predator’

Panel 10: Women and Nature –
Salle des colloques 2

Chair: Alice Marion-Ferrand

Alice de Nanteuil, Université de Rouen-Normandie, ‘Degeneration and Uprooted Trees in Gaelic Women’s Poetry’

Margot Gineste, Sorbonne Université, ‘Une dégénérescence de la nature au XVIIème siècle? La persistance de la représentation vitaliste de lanature dans la philosophie de Margaret Cavendish’



15h — Clôture

15h30-17h30 — Visite de la faculté de médecine

Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
Alice Marion-Ferrand

La qualification : quoi et comment ?

Au cours du doctorat, nul besoin de s’en préoccuper. Toutefois, lorsqu’on commence à voir la lumière au bout du tunnel, il faut impérativement s’y intéresser si l’on souhaite poursuivre avec une carrière d’enseignement-recherche dans le supérieur. Voici quelques éléments à garder en tête concernant la qualification avant la fin du doctorat et juste après.

Pour compléter la lecture de ce billet, n’hésitez-pas à suivre le webinaire du collège des doctorant.es de la SAES (généralement autour de septembre) qui présente avec plus de détail le CNU et la procédure de qualification pour l’année en cours.

La qualification : qu’est-ce que c’est ?

'God Speed' by Edmund Blair Leighton (1900)
‘God Speed’ by Edmund Blair Leighton (1900)

Afin de pouvoir candidater à des postes permanents de Maître.sse de Conférences (MCF) dans le supérieur, il faut bien sûr avoir soutenu une thèse, mais la réussite au doctorat n’est pas une condition suffisante. En effet, il faut, après la thèse, avoir été jugé.e digne de pouvoir exercer les fonctions de MCF, c’est-à-dire, avoir été « qualifié.e». Un panel d’expert.es jugera votre dossier académique et décidera si vous y êtes apte. La qualification, qui est valable quatre ans, c’est votre ticket pour être autorisé.e à postuler, mais elle constitue une démarche distincte de celle des campagnes pour devenir MCF.

Qualification et sections du CNU

Une qualification se fait dans une section (catégorie disciplinaire) du Conseil National des Universités (CNU). En études anglophones, il s’agit de la section 11. Néanmoins, si l’on se trouve à la croisée de plusieurs disciplines, l’on peut demander à être qualifié.e dans d’autres sections du CNU (ex : histoire, littératures comparées, cinéma…). Il vaut mieux en discuter avec son/sa directeurice avant de se lancer dans des démarches de qualification dans une section à laquelle on n’était pas préalablement rattaché.e.

Il peut être utile de consulter la page du site du CNU dédiée aux différentes sections : https://conseil-national-des-universites.fr/cnu/#/entite/entiteName/CNU/idChild/32

Choix de date de soutenance en vue du calendrier de qualification

(credit: Windows on Unsplash)
(credit: Windows on Unsplash)

Les dates de campagnes de qualification peuvent déterminer la date de votre soutenance. Celle-ci doit donc être fixée en gardant à l’esprit que le dépôt du dossier doit se faire avant la mi-décembre. Parmi les pièces justificatives demandées, il y a le rapport de soutenance complet. Ceci implique qu’il faut aussi prévoir un peu de temps pour l’élaboration de ce rapport par votre jury, mais aussi, le cas échéant pour sa traduction en français car il ne faut pas transmettre de rapport dans une autre langue que le français.

Il est donc peu stratégique de prévoir une soutenance après début décembre si l’on veut participer dans la foulée à la première campagne de qualifications. Si l’on manque cette date limite, il faudra attendre la prochaine session l’année suivante. Si possible, il vaut ainsi mieux prévoir une soutenance en octobre ou novembre, si l’on a décidé d’une soutenance à l’automne.

Justificatifs à communiquer issus de votre soutenance : attestation de réussite au doctorat + rapport de soutenance complet (en français).

Etapes de la qualification

Une fois la thèse soutenue en bonne et due forme, donc, il faut commencer à préparer son dossier de qualification et entamer les démarches assez rapidement. A titre d’exemple, voici le calendrier pour la session 2025-26 :

  • 3 novembre au 15 décembre 2025 : dépôt des pièces sur Odyssée (et non pas Galaxie, comme pour les candidatures d’ATER).
  • Fin janvier 2026 : notification de recevabilité administrative des dossiers (confirme en gros que vous avez bien tout mis dans votre candidature)
  • Avant fin mars 2026 : notification de réussite ou non à la qualification

Critères de réussite à la qualification

Les deux rapporteurices désigné.es pour juger votre aptitude à exercer les fonctions de MCF étudieront (pour la section 11 au moins) :

(credit: Markus Winkler on Unsplash)
(credit: Markus Winkler on Unsplash)

  • la qualité de votre dossier scientifique (sur la base de votre thèse, des pré-rapports, de vos communications, articles…)
  • le niveau en langue anglaise (à partir d’informations concernant votre nationalité, de longs séjours, l’agrégation…)
  • l’expérience d’enseignement (surtout dans le supérieur)
  • expérience de recherche (colloques, animation de la vie de la recherche…)
  • responsabilités administratives (coordination pédagogique, représentation…)

La constitution d’un CV analytique présenté de manière claire et détaillée a ainsi toute son importance.

Les rapports seront normalement consultables après-coup.

Saisie de la candidature sur Odyssée : conseils

Quelques conseils pour un processus fluide :

  • faire une checklist des pièces justificatives à joindre
  • faire toutes les étapes d’un coup car on ne peut pas sauvegarder à mi-chemin pour y revenir plus tard. Rassembler tous les justificatifs requis dans un dossier avant.
  • Faire des captures d’écran à chaque étape en cas de bug
  • Fournir des PDF des articles qu’on a écrits en les téléversant sur la plateforme
  • S’y prendre en avance en cas de problème technique pour avoir le temps de prendre contact avec les gestionnaires et résoudre le problème
  • Ne pas oublier de cliquer sur VALIDER à la fin, sinon tout est perdu

Tout ceci n’est pas sorcier, mais il faut être bien vigilant.e à ne rien oublier en termes d’étapes ou de justificatifs !

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Fin de thèse : étapes et démarches administratives

Si vous sentez la fin de votre thèse approcher et que votre directeurice est aussi d’avis que vous pouvez bientôt soutenir, il y a quelques étapes et démarches de forme à respecter tout au long de la fin du parcours doctoral. Il faut notamment, bien en amont, notifier son ED officiellement de son intention de soutenir et de ne pas se réinscrire pour une nouvelle année.

Lors de cette fin de parcours, il est essentiel de garder un œil sur sa boîte institutionnelle et de veiller aux messages reçus par l’Ecole Doctorale qui transmettra ses consignes pour les démarches administratives à effectuer.

Formation du jury et réservation de salle

Si l’on soutient à l’automne, il vaut mieux recruter les membres de son jury par email et réserver la salle de soutenance (selon la popularité de la salle voulue!) avant la fermeture administrative de l’université pendant l’été.

La rédaction peut suivre son cours et s’achever avant de reprendre les démarches à la rentrée.

Démarches administratives auprès de l’ED

Il convient de faire une demande officielle de composition de jury auprès de l’ED qui vous transmettra sûrement un lien vers un formulaire.

Portrait of a Merchant by Jan Gossaert (c. 1530)
Portrait of a Merchant by Jan Gossaert (c. 1530)

Divers autres formulaires et signatures seront nécessaires pendant les quelques mois qui précèdent la soutenance. Encore une fois, il faut garder un œil sur son courriel pour ne pas manquer une étape. Le déroulé est plus moins stressant selon les ED.

Envoi de la thèse par voie électronique

La thèse doit être transmise aux membres du jury, au moins par voie électronique, deux mois avant la soutenance au minimum.

Impression de la thèse

'Impressio Librorum' in Nova Reperta, produced by Jan van der Straet and Philips Galle (c. 1580-1600)
‘Impressio Librorum’ in Nova Reperta, produced by Jan van der Straet and Philips Galle (c. 1580-1600)

Pour les membres du jury qui désirent un exemplaire papier, il est possible de passer commande auprès de la reprographie de son université (là encore, cela peut varier selon les pratiques d’une institution à l’autre). Selon les règles de mon ED, un.e doctorant.e pouvait obtenir un exemplaire par membre du jury + pour la directrice + pour soi-même. Le ou la doctorant.e conserve généralement le premier exemplaire test qui peut comporter des coquilles.

Attention, cette étape peut prendre du temps. Comme beaucoup de monde soutient à la période octobre-décembre, il peut y avoir des délais d’impression conséquents.

Envoi de la thèse (exemplaires papier)

Si l’institution où l’on se trouve dispose d’un service postal, on peut y avoir recours pour envoyer les exemplaires papier en France ou à l’étranger. Dans ce cas, c’est l’ED, l’UFR ou le labo qui sera facturé. Quand c’est possible, on peut aussi s’arranger pour le remettre en mains propres si le ou la destinataire n’est pas trop loin, ce qui est moins risqué et moins coûteux.

Souvent, et surtout si l’envoi se fait quand les facultés sont fermées (en été), les doctorant.es prennent en charge ces envois directement.

Réception des pré-rapports

The Magdalene Reading by Rogier van der Weyden (15th c.)
The Magdalene Reading by Rogier van der Weyden (15th c.)

Un mois avant la soutenance, les deux pré-rapporteurices transmettent par voie électronique leur pré-rapport sur la thèse, et émettent un avis sur l’autorisation à soutenir.

Ces pré-rapports font environ 2 pages chacun. Il est utile de décortiquer ces pré-rapports en amont de la soutenance pour préparer quelques réponses à de possibles questions. Ces pré-rapports donnent en général une idée de la direction que prendront les échanges lors de la soutenance et permettent de repérer d’emblée des forces et failles dans son travail.

Dépôt de la thèse sur internet

L’ED vous contactera pour déposer votre thèse sur le site de la bibliothèque universitaire. Il n’est pas nécessaire de la rendre publique, mais il est obligatoire de la téléverser avant la soutenance.

Préparatifs en amont de la soutenance

Il revient à la personne qui soutient de s’occuper de la logistique de cette journée. Si un membre du jury est à distance, par exemple, il convient de préparer un lien zoom sécurisé et de faire en sorte qu’il ou elle délègue bien officiellement son pouvoir de signature à un.e membre présent.e.

Informatique, micros, affiches, invitations, préparation du pot, etc. sont aussi la responsabilité de la personne qui soutient.

L’annonce de la soutenance est faite par le ou la directeurice en interne et/ou sur la liste de diffusion de la SAES.  

Après la soutenance

En vue des démarches liées à la qualification (voir billet dédié pour un point un peu plus détaillé), il est important de veiller à ce que le rapport final en français soit transmis à temps. En effet, la plateforme consacrée au dossier pour la qualification ferme dès le mois de décembre, ce qui laisse assez peu de temps pour la constitution du rapport, sa mise en forme et son envoi.

Dans la foulée, vous devriez recevoir une attestation de réussite au doctorat en attendant que ne soit généré votre diplôme. Il peut y avoir un délai de quelques mois entre la soutenance et l’obtention de l’exemplaire papier du diplôme.  

Louise McCarthy
Louise McCarthy

La rédaction de la thèse : un sprint sur une distance de marathon ?

Le but de ce billet est de donner une idée concrète de ce à quoi peut ressembler le déroulé d’une fin de thèse, et notamment de rassurer celleux qui se sentiraient débordé.es à cette étape de leur parcours. Attention, ce billet n’a pas vocation à être prescriptif ! C’est un retour d’expérience individuelle, avec en plus quelques éléments de calendrier à prendre en compte.

Un autre billet concerne les étapes administratives en toute fin de thèse, tandis qu’un autre encore revient sur les étapes de la qualification peu après après la soutenance.

Etapes du doctorat : vue d’ensemble

Allegory of time by Hans Holbein the Younger (c. 1532)
Allegory of time by Hans Holbein the Younger (c. 1532)

Pour contexte, j’ai fait ma thèse en civilisation/littérature britannique (XVIe-XVIIe) à Université Paris Cité. Pendant ces 4 années, j’ai bénéficié d’un contrat doctoral pendant 3 ans, puis terminé mon parcours avec un contrat d’ATER dans la même institution. Pendant toute cette période, j’ai assuré une charge de cours dans mon université.

Au moment de l’élaboration de mon projet de thèse, un calendrier prévisionnel avait déjà été établi avec ma directrice. Quelques petits délais et réagencements sont à prévoir, mais autant que faire se peut, il est utile de se tenir à ce genre de calendrier. Mon parcours doctoral s’est déroulé en deux temps: D1 + D2, puis D3 + D4.

J’ai ainsi profité des deux premières années de contrat doctoral pour

  • Analyser mes sources primaires (cartes et textes de la période)
  • Faire un maximum de lectures de sources secondaires (notamment à la BNF)
  • Suivre des formations/assister à des conférences et séminaires
  • Tester des hypothèses dans des présentations à des conférences/colloques…
  • Réaliser mon terrain : travail d’archives au Royaume-Uni et aux Etats-Unis

A l’été entre ma 2e et ma 3e année, j’ai travaillé à une première version de mon plan.

J’ai ensuite entamé la rédaction de l’introduction dans la foulée. La rédaction a en tout duré deux ans (3e et 4e années).

La dernière année

Zoshua Colah on Unsplash
Zoshua Colah on Unsplash

Dans mon cas, cette dernière année a débuté en 4e année de doctorat au cours de laquelle j’ai rempli les fonctions d’ATER (192h/an). Cette année-là, comme la 3e année, a été entièrement consacrée à la rédaction, avec quelques lectures supplémentaires faites en chemin. C’est un travail de longue haleine et éprouvant qui nécessite discipline et organisation, notamment lorsque la charge d’enseignement double avec un contrat d’ATER.

Si les cours peuvent sembler ralentir la progression de la rédaction, ils permettent aussi de cadrer un peu la semaine et de sortir la tête des eaux troubles de la thèse. On peut envisager ces moments comme des opportunités de prise de recul entre deux sessions de rédaction.

En arrivant en 4e année, il restait tout de même la moitié à écrire. De ce fait, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se surcharger de communications et d’articles.

La rédaction : un processus crescendo

Le temps de trouver son rythme, sa méthode et ses réflexes, les premiers chapitres peuvent mettre un peu plus de temps que le reste à prendre forme. Pour ma part, voici (de mémoire), le temps que j’ai pris pour écrire les différents morceaux de ma thèse:

  • Plan + introduction : 3-4 mois
  • Partie II (3 chapitres, environ 180 pages): 11 mois
  • Partie III (3 chapitres, environ 200 pages): 8 mois
  • Partie I (2 chapitres, environ 120 pages) : 3 mois
  • Conclusion (assez courte pour ma part ): quelques jours

En salle de recherche à la BNF (credit: Louise McCarthy)
En salle de recherche à la BNF (credit: Louise McCarthy)

NB : La rédaction de chaque section (A, B, C) de chapitre a été systématiquement suivie de corrections et relectures. Ces reprises sont comprises dans la chronologie ci-dessus. Les chapitres n’ont pas fait l’objet de reprise détaillée une fois toute la thèse rédigée.

Avoir conscience de cette accélération dans la rédaction peut permettre de justifier auprès d’un CSI pourquoi l’on pense pouvoir boucler prochainement alors qu’il reste encore beaucoup à écrire, par exemple.

Le lissage de la bibliographie (constituée au fur et à mesure), les menues corrections (notamment des abondantes notes de bas de page), la constitution d’annexes (chronologies, cartes, transcriptions de manuscrits non publiés), les résumés, les remerciements, le sommaire, l’index, le livret d’illustrations et la mise en forme générale ont aussi nécessité du temps et de l’énergie en fin de parcours. Ce sont des aspects à ne pas négliger dans la gestion de son temps.    

Attention aussi à ne pas oublier (comme j’ai failli le faire) de fournir un résumé détaillé de votre thèse en français (15-20 pages) si vous avez rédigé dans une autre langue.

Student studying at a desk by Johann Amos Comenius (Nuremberg, 1658)
Student studying at a desk by Johann Amos Comenius (Nuremberg, 1658)

En bref, on écrit de plus en plus vite, ce qui signifie qu’il ne faut pas paniquer en voyant la date de rendu approcher alors qu’on a encore beaucoup à écrire en proportion. Cela implique aussi que la fin de thèse peut être particulièrement laborieuse et épuisante. Pour ma part, de fin mai à fin juillet lors de ma dernière année, j’ai travaillé 7 jours sur 7 de 9h à 22h. Ceci ne doit pas forcément constituer un modèle ou un objectif, mais cela donne une idée du changement de rythme, sachant que j’avais des journées et semaines normales le restant de mon parcours. Me concernant, cette accélération était due en partie à deux facteurs plus ou moins importants :

  1. j’avais l’intention de ne pas repousser la date de rendu afin de ne pas faire une 5e année alors que la rédaction était presque bouclée
  2. j’avais envie de prendre un peu de vacances sans ordinateur avant la rentrée

Rendu(s)

Après des ajustements de forme (et deux articles à reprendre avant l’été!), le manuscrit final a été envoyé aux membres de mon jury par voie électronique les premiers jours de septembre, pour une soutenance prévue début novembre de la même année.

Pour un détail des étapes administratives pendant les derniers mois du doctorat, voir cet autre billet.

Louise McCarthy
Louise McCarthy

Les Postdoctorats : CR de la table ronde aux JDJC 2025

Compte rendu de la table ronde méthodologique sur le postdoctorat

JDJC 2025 : « Centre(s), marges, relégation aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les Îles britanniques, en Amérique du nord et en France », Rouen, 25-26 septembre 2025

Martinez Anaya, Antonio, Cérémonie de remise de doctorat, XVIIe siècle, Universidad Complutense, Madrid, Espagne.

Qui sommes-nous ?

Mathilde : Je m’appelle Mathilde Mougin et j’ai soutenu une thèse de littérature française en décembre 2023 à Aix-Marseille Université, menée sous la direction de Sylvie Requemora et d’Anne Carol. Cette thèse intitulée « De l’expérience des corps à la fabrique d’une ‘science’ de l’homme : discours pré-anthropologiques dans la littérature de voyage (1578-1721) » porte sur les discours anthropologiques et la stéréotypisation de l’altérité au sein d’un corpus de littérature viatique de la fin du XVIe siècle jusqu’au début du XVIIIe siècle. Elle a été financée par un contrat doctoral puis par plusieurs contrats d’ATER dans mon université d’origine ainsi qu’à l’Université de Paris 8. Ayant épuisé mes possibilités d’années d’ATER à l’issue de ma soutenance de thèse, j’ai dû chercher d’autres types de contrats pour continuer à faire de la recherche à l’université. C’est pour cette raison que j’ai activement commencé à chercher des contrats postdoctoraux dès le début de l’année 2024. J’ai obtenu un premier postdoctorat au sein du LabEx COMOD de l’Université de Lyon pour l’année 2024-2025. Il s’agissait d’un postdoctorat à sujet libre, mais qui s’inscrivait dans les axes de recherche de COMOD, laboratoire d’excellence portant sur la constitution de la modernité, principalement dans les domaines de la philosophie, de l’histoire et de la littérature. Cette première année de postdoctorat m’a permis de poser les premiers jalons d’un projet plus ample intitulé « La fabrique littéraire de la francité dans les récits de voyage en Orient (1560-1720) » pour lequel j’ai obtenu un contrat de trois ans au FRS-FNRS, un fonds de recherche scientifique belge. Je mène actuellement ma recherche dans deux universités : l’Université Libre de Bruxelles et l’Université de Liège.En lien avec le rôle joué par Montpellier dans le développement des connaissances médicales en Europe, le colloque de cette année étudiera les notions de progrès, de dégénérescence et de stagnation ou, en anglais, « improvement, degeneration, stagnation ».

Claire : Je m’appelle Claire Schiano-Locurcio et je suis docteure en civilisation britannique des XVIIème et XVIIIème siècles. J’ai soutenu en 2024, une thèse intitulée “‘Pauvres des biens terrestres, elles seront riches des grâces divines’: la pauvreté des clarisses anglaises exilées, 1609-1750”, sous la direction de Laurence Lux-Sterritt, à l’Université d’Aix-Marseille. Mes recherches s’inscrivent au croisement de l’histoire religieuse, de l’histoire du genre et de l’histoire sociale du catholicisme moderne, avec une attention particulière portée aux pratiques économiques et spirituelles des religieuses ainsi qu’aux formes d’agentivité féminines. Je suis également membre du projet d’humanités numériques Mapping Multifaith London, 1690–1730 (Aix-Marseille Université / Queen Mary University of London). En parallèle de ces activités de recherche, j’ai d’abord été vacataire, puis j’ai occupé un poste de PRAG contractuelle (390h/année) et j’ai ensuite occupé deux postes d’ATER.

Depuis 2025, je suis chercheuse postdoctorante dans un département d’histoire moderne à l’université Paul-Valéry Montpellier III, où je contribue au projet ANR Abbesses, Seigneuresses et Réformatrices, dirigé par l’historien Nicolas Guyard. Ce projet s’inscrit dans la continuité de mes recherches doctorales, en prolongeant mes réflexions sur les formes d’autorité religieuse féminine dans le cadre monastique à l’époque moderne. Je mets au service du projet mes compétences en recherche archivistique, développées au fil de dépouillements menés en France et en Angleterre, ainsi qu’en humanités numériques, notamment en analyse statistique et en visualisation de données appliquées à des corpus historiques.

Comment chercher et trouver un post-doc ?

Mathilde et Claire : Pour chercher un postdoctorat, nous avons tout d’abord consulté régulièrement les plateformes telles que fabula (plutôt pour la littérature), calenda (pour l’histoire et les sciences sociales), Euraxess, ou encore Fund it. Il faut aussi consulter les sites des différentes universités et autres établissements supérieurs (EHESS, CNRS, etc.) en France et à l’étranger, qui proposent des postdoctorats qui ne sont pas toujours relayés sur les sites mentionnés.

Quels sont les types de post-doc existants ?

On distingue généralement trois grands types de postdoctorats :

  • 1. Les postdoctorats à sujet libre

Ces postdoctorats sont construits à partir d’une proposition scientifique élaborée par le ou la candidate. Ici, l’accent est mis sur l’originalité du projet, son ancrage dans les axes du laboratoire d’accueil et l’autonomie scientifique du ou de la chercheuse.

Voir aussi les postes contractuels de professeur assistant aux Etats-Unis (contrats de 1 ou 2 ans, sur MLA-job list).

FNRS / FWO (équivalent flamand du FNRS).

MSCA (Marie Curie) : de nombreuses universités ont des cellules préparant aux candidatures Marie Curie

Aix-Marseille : ANR starting Grant : postdoc de 2 ans pour préparer un projet ANR.

British Academy : La British Academy propose des postdoctorats en sciences humaines et sociales, principalement sous forme de Postdoctoral Fellowships de trois ans, permettant de conduire un projet indépendant, de publier et de renforcer l’expérience en recherche et en enseignement au Royaume‑Uni.

 

Écoles françaises à l’étranger (Rome, Athènes et Madrid, avec Caza de Velasquez. Attention, nécessitent un ancrage local des recherches)

Universités américaines (Princeton, Harvard, etc.) et aussi anglaises (Oxford, Cambridge. Il s’agit souvent de postdoc avec enseignement). Il faut prendre le temps de regarder sur les sites des universités

Tavernier, Jean-Baptiste. Vierzig-Jährige Reise-Beschreibung, Nürnberg, Knorz für Johann Hofmann, 1681.

2. Les postdoctorats déjà constitués

Le deuxième type de postdoctorat s’inscrit dans des projets déjà financés et définis en amont (ANR, ERC, projets collectifs, etc.). Dans ce cadre, la ou le postdoctorant.e s’inscrit dans une problématique, un calendrier et des objectifs de recherche préexistants, en collaboration étroite avec l’équipe porteuse du projet. Il s’agit principalement des projets ERC, ANR ou encore CNRS.

 

 

 

 

3. Les postdoctorats des instituts d’excellence

« Consultation des collections spéciales de la Palace Green Library de l’Université de Durham, MS “Miroir d’une Âme Religieuse” »

Enfin, beaucoup d’universités possèdent un institut d’innovation proposant des contrats postdoctoraux. Leur sujet est généralement libre, mais doit tout de même s’inscrire dans un des axes spécifiques de l’institut :

  • IdEx (Iniatives d’excellences) de l’Université Côte d’Azur, qui propose régulièrement des postdoctorats de soutien à la préparation d’une candidature ERC
  • MACI (Maison de la Création et de l’Innovation) de l’Université Grenoble Alpes
  • INCIAM (Aix-Marseille Université)
  • LabEx COMOD : les Laboratoires d’excellence sont pour la plupart terminés mais le LabEx COMOD de Lyon a été prolongé de 2 ans.

Attention à bien vérifier les conditions d’éligibilité pour ces contrats car bien souvent, il faut avoir résidé/travaillé au moins un an à l’étranger. 

Quels sont vos conseils pour constituer votre dossier ?

Trouver un sujet

Mathilde : La première difficulté, lorsque vous candidatez sur une offre postdoctorale à sujet libre, est d’avoir une idée. Celle-ci doit être suffisamment distincte de votre sujet de thèse, pour ne pas être redondante avec celle-ci, mais doit tout de même s’inscrire dans la continuité de votre recherche doctorale, de manière à assurer la cohérence de votre parcours. Lorsque vous avez une idée, commencez à faire des recherches bibliographiques pour constituer un état de l’art, et pour voir si votre sujet n’a pas déjà été trop étudié. Il faut ensuite réussir à formuler une vraie question de recherche, et non pas donner l’impression que vous savez déjà ce que vous allez trouver. Cet aspect est très important dans la rédaction même du dossier. J’ai souvent dû reformuler un projet parce qu’il était trop descriptif, et ne posait pas suffisamment de questions.

Outre le projet en lui-même, vous devez proposer des livrables dans votre candidature, tels que des articles, l’organisation de manifestations scientifiques (journée d’étude, colloque, séminaire), ou des activités de formation. La quantité de celles-ci dépend bien sûr de la durée du contrat postdoctoral auquel vous candidatez. Il ne faut pas trop en faire : il faut que cela reste réaliste, et la priorité doit être le développement de votre projet de recherche.

  • Contacter un promoteur

Dans de nombreux cas, il vous faut vous mettre en contact avec des membres de l’institution d’accueil pour obtenir d’eux une lettre, voire pour qu’ils se portent garant de votre candidature. Cette étape nécessite d’être anticipée, car un chercheur qui soutient déjà un ou plusieurs candidats refusera peut-être d’appuyer votre candidature. Dans certains cas (FNRS, FWO, Marie Curie, etc.), votre projet de recherche doit être cohérent avec les recherches de votre promoteur, et déterminera donc l’institution et la personne vers laquelle vous vous tournerez. Par ailleurs, votre projet doit, bien sûr, s’inscrire dans les axes de recherche de la structure au sein de laquelle vous candidatez.

Quelle est l’expérience attendue ?

Mathilde : Il est souvent préférable d’avoir publié la thèse ou d’être dans un processus de publication de celle-ci (avec un manuscrit sous presse) pour obtenir un postdoctorat. En effet, le comité de recrutement peut être réticent à sélectionner un.e docteur.e qui n’aura pas encore publié sa thèse, de peur qu’il consacre son mandat postdoctoral à cela.

Outre la thèse, la qualité du dossier de publication entre en ligne de compte. Il est pour cela important de tenir compte du classement des revues dans lesquelles vous publiez, à l’aide de plateformes d’indexation telles que Web of Science, Scopus, ou encore SCImago. Le classement de la revue est notamment lié à son facteur d’impact (H-index, c’est-à-dire nombre de citations par rapport à nombre de publications).  

Claire : Dans mon cas, ce sont les compétences développées pendant ma thèse qui répondaient directement aux attentes scientifiques et méthodologiques du projet ANR. Le sujet de ma thèse, ma connaissance du contexte et du milieu monastique, ainsi que mon ouverture à l’international ont été des atouts déterminants pour m’inscrire efficacement dans le projet et contribuer à ses objectifs.

Pourquoi faire un postdoctorat ?

Mathilde et Claire : Faire un postdoctorat permet de consolider un dossier scientifique dans la perspective d’un recrutement permanent. Il offre un cadre structurant pour prolonger un travail de recherche doctoral tout en l’ouvrant à de nouveaux terrains, à de nouveaux questionnements et à des collaborations, tant au niveau national qu’international. Un postdoctorat vous permet notamment de poser les jalons d’un projet de recherche plus ambitieux, comme pour un projet CNRS, qui doit être pensé pour dix ans.

Le postdoctorat permet de développer des compétences en conduite de projet, en diffusion des résultats (colloques, publications, podcasts) et en coordination scientifique, tout en favorisant le développement du réseau académique et des collaborations, notamment à l’international.

Il faut toutefois veiller à ne pas abandonner l’enseignement trop longtemps, car cela pourra vous être reproché, en particulier pour des recrutements à des postes de Maîtres de conférences, pour lesquels l’expérience d’enseignement compte beaucoup. Il est toutefois généralement possible de solliciter une charge de cours dans l’université où vous avez obtenu un postdoctorat, ou ailleurs.

Difficultés éventuelles

Mathilde : Il n’est pas évident de trouver un sujet postdoctoral distinct de celui de la thèse à l’issue de la soutenance, et même avant celle-ci. Il est en effet parfois possible de candidater à un postdoctorat avant la soutenance, selon le calendrier du postdoctorat en question (c’est par exemple le cas pour le FNRS ou le FWO en Belgique). Développer un sujet postdoctoral suppose d’avoir pris un peu de recul sur sa propre thèse.

Il peut arriver que vous obteniez deux postdoctorats différents. Cela a été mon cas, et j’avais à choisir entre un postdoctorat de deux ans dans le cadre d’un ERC, sur un sujet déjà constitué, et un postdoctorat d’un an seulement, sur mon propre sujet. J’ai choisi la deuxième option, car bien qu’il s’agît d’un contrat plus court, c’était le moyen pour moi d’avoir plus de liberté dans mes recherches, et d’assurer la cohérence de mon parcours.

Le postdoctorat en lui-même peut laisser l’impression que vous disposez beaucoup de temps, et il faut veiller à ne pas accepter trop de sollicitations (journées d’étude, colloques, charges de cours) qui réduisent le temps passé sur le projet de recherche en lui-même, d’autant plus dans le cas d’un contrat postdoctoral court. Avec un postdoctorat d’une année, on n’a à peine le temps de commencer sa recherche qu’il faut déjà candidater sur un autre contrat, dès l’automne.

Claire : L’une des difficultés du postdoctorat à sujet défini réside dans le fait que l’on s’inscrit souvent dans un projet déjà établi, avec des objectifs collectifs précis, tout en devant parallèlement développer son propre sujet de recherche en vue de futures candidatures et opportunités de carrière. Cela implique de trouver un équilibre entre contribution au projet et construction d’un projet de recherche individuel.

Claire Schiano-Locurcio

Mathilde Mougin

CFP: « Progrès, Dégénérescence, Stagnation », JDJC (Montpellier, 3-4 sept. 2026)

18e Journées des Doctorants, doctorantes et Jeunes Chercheurs et Chercheuses de la SEAA 17-18 et de la SFEDS, organisées en partenariat avec la British Society for Eighteenth Century Studies (BSECS)

3-4 septembre 2026, Université de Montpellier Paul-Valéry

[English version below]

Comité d’organisation :

  • Emma Pearce (BSECS, Glasgow School of Art)
  • Hardeep Dhindsa (BSECS, Birmingham Museum and Art Gallery)
  • Rachel Bynoth (BSECS, Bath Spa University)
  • Marine Bastide de Sousa (SFEDS, Université de Lille)
  • Sarah Vidal (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)
  • Alice Marion-Ferrand (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

Le 17 août 2020, la Faculté de Médecine de Montpellier a célébré le 800ème anniversaire de sa création, ce qui en fait le plus ancien lieu d’enseignement de la médecine encore en activité aujourd’hui. Tout au long de sa riche histoire, la Faculté de Médecine a permis de vastes échanges internationauxainsi qu’un grand nombre d’innovations dans les domaines de l’anatomie, de la botanique, de la chirurgie et de la pharmacie. Certaines de ces innovations ont façonné jusqu’à l’architecture même de la ville : créé en 1593, le Jardin des Plantes fut le premier jardin botanique universitaire de France. Il est encore aujourd’hui l’un des lieux emblématiques de la ville.

En lien avec le rôle joué par Montpellier dans le développement des connaissances médicales en Europe, le colloque de cette année étudiera les notions de progrès, de dégénérescence et de stagnation ou, en anglais, « improvement, degeneration, stagnation ».

Le scientifique français du XVIIIᵉ siècle Antoine-Laurent de Lavoisier est souvent associé à un principe qu’il entendait ériger en fondement de la chimie moderne : il formule l’idée selon laquelle lors d’une réaction chimique, la matière ne disparaît ni ne naît, elle se transforme. La formule devenue célèbre — « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » — condense l’esprit de son héritage intellectuel. Elle éclaire les résonances multiples des trois termes qui composent le titre de ce colloque, lesquels peuvent se rejoindre sous le signe du changement ou être envisagés comme trois dynamiques distinctes.

Notion cardinale de la pensée européenne de la première modernité, le progrès trouve dans le monde anglophone une déclinaison singulière à travers le terme improvement. Ce dernier, fréquent dans les discours anglais des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, renvoie à un processus d’amélioration progressive, mais ne recoupe pas exactement le sens que revêtent en français les notions de progrès ou d’amélioration. Cette nuance de traduction invite à s’interroger : que révèle cette spécificité lexicale sur la manière dont les sociétés britanniques conçoivent le développement matériel, moral et intellectuel ? Le progrès — ou son équivalent anglais — prend-il partout les mêmes formes ? Et inversement, les idées de stagnation ou de dégénérescence appellent-elles des distinctions semblables selon les contextes géographiques, culturels ou politiques ?

La notion de progrès possède également une dimension plus sombre. En lien avec la philosophie des Lumières, les puissances coloniales du xviiie siècle cherchèrent à « améliorer », c’est-à-dire à « civiliser » la plupart des peuples auxquels elles imposèrent leur domination, ce qui mena à la destruction de communautés et de cultures. Dans le contexte de l’esclavage aux Caraïbes par les Britanniques, les prétentions à « l’amélioration » (inscrites dans la loi Amelioration Act de 1798) furent un moyen pour les défenseurs du commerce d’esclaves de rejeter et donc de repousser l’abolition. De telles vues remettent en question les objectifs du « progrès » et mettent en lumière ses connotations potentiellement racistes et coloniales.

Nous invitons les participants à interpréter les termes de progrès, de dégénérescence et de stagnation de façon large, sans restrictions géographiques, étymologiques ou conceptuelles. Les propositions pourront s’intéresser aux questions suivantes (liste non-exhaustive) :

  • La matérialité de ces termes
  • Le bien-être social, moral et économique
  • Les perspectives médicales, incluant le développement de la médecine psychologique ou psychiatrique et des (pseudo-)sciences comme le spiritualisme ou l’alchimie
  • La question du goût, des mentalités, des valeurs et des distinctions entre groupes, tant dans le domaine social que littéraire
  • Les débats et évolutions concernant le langage
  • Les identités et comparaisons nationales, ainsi que la place des notions de progrès, de stagnation et de dégénérescence dans les rivalités entre nations
  • Le rythme du progrès et/ou de la dégénérescence
  • Science, innovation et développement des savoirs
  • Exploitation coloniale et esclavage
  • Religion, sécularisation et pensée des Lumières
  • Genre, sexualité et perception du corps féminin
  • Conception du progrès et de la dégénérescence dans l’art, le design et l’architecture ; ainsi qu’en littérature et philosophie
  • La notion de changement et la vision téléologique du progrès
  • Les ambiguïtés autour de la notion de progrès et les frontières incertaines entre le progrès, la dégénérescence et la stagnation

Les propositions de communication, en français ou en anglais, sont à envoyer à l’adresse montpellierconference2026@gmail.com, sous la forme d’un résumé de 250 mots assorti d’une courte biobibliographie. Les propositions d’ateliers, de tables rondes ou de séances complètes (entre 3 et 4 intervenants) doivent être accompagnées d’un résumé pour chaque proposition (250 mots) et d’une courte présentation du thème, des intervenants, et du/de la président.e de séance pressenti.e. Les propositions sont à envoyer avant le 31 mars 2026.

“Improvement, Degeneration, Stagnation”

BSECS/SEAA 17-18/SFEDS Postgraduate and Early Career Researcher Conference

3-4 September 2026, University of Montpellier Paul-Valéry

Conference Organisers:

  • Emma Pearce (BSECS, Glasgow School of Art)
  • Hardeep Dhindsa (BSECS, Birmingham Museum and Art Gallery)
  • Rachel Bynoth (BSECS, Bath Spa University)
  • Marine Bastide de Sousa (SFEDS, Université de Lille)
  • Sarah Vidal (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)
  • Alice Marion-Ferrand (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

We invite proposals for papers for this year’s collaborative Postgraduate and Early Career Researcher Conference between the British Society for Eighteenth-Century Studies, the Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles and the Société Française d’Études du XVIIIe siècle, held at the University of Montpellier Paul-Valéry.

On 17 August 2020, the Faculté de Médecine de Montpellier celebrated the 800th anniversary of its foundation, making it the oldest medical university in the world still in operation. Throughout its long history, the Faculté de Médecine fostered vast international connections and promoted a large number of innovations in the fields of anatomy, botanics, surgery and pharmacy, some of which are reflected in the very architecture of the city: the Jardin des Plantes, for instance, was France’s first university botanical garden. Created in 1593, it is still a highlight of the city today.

Inspired by Montpellier’s role in the advancement of medical knowledge in Europe, this year’s conference will centre on the notions of improvement, degeneration and stagnation or, in French, progrès, dégénérescence et stagnation.

French eighteenth-century scientist Antoine-Laurent de Lavoisier held the reasoning that matter is neither destroyed nor created during a chemical reaction, but that it instead undergoes change. He naturally sought to make it into a law of modern science, and the coinage “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” helps shed light on the complex and multiple aspects of this three-worded conference theme that may appear to describe one unique process as well as three distinct ones.

Referring to a process of gradual betterment, the notion of improvement became a key feature of English discourse during the seventeenth and eighteenth century. While improvement is close to the French progrès (progress) or amélioration (amelioration), there is no equivalent translation. We ask delegates to consider – is the concept of improvement inherently British? What shape does the drive towards material, moral and intellectual improvement take in various early modern contexts and places? Do degeneration and stagnation carry similar distinctions for different countries and communities?

Concepts of improvement also had a darker side. Aligned with Enlightenment thought, European colonial powers in the eighteenth century aimed to ‘improve’ and ‘civilise’ many of the people around the world whom they claimed dominion over, leading to the loss of native communities and cultures. In the context of British Caribbean slavery, claims of ‘amelioration’ (legislated through the Amelioration Act of 1798)were a means for supporters of the slave trade to delay abolition. Such views call into question the aims of ‘improvement’, or progrès,and highlight their potential racist and colonial connotations.

We invite delegates to interpret the terms improvement, degeneration and stagnation widely, with no geographical, etymological and conceptual bounds. Topics considering improvement, degeneration and stagnation could include, but are not limited to: 

  • The materiality of any of, or all, these terms
  • Social, economic, moral and physical wellbeing
  • Medical perspectives, including the development of psychiatric and psychological medicine and alternate (pseudo-)scientific endeavours such as alchemy or spiritualism
  • Ideas around taste, attitudes, values and class, both in the social and literary domains
  • Debates and evolutions regarding language
  • National identities and comparisons, as well as the place of notions of improvement, stagnation and degeneration in national rivalries
  • The pace of improvement and/or degeneration
  • Science, innovation and the improvement of knowledge
  • Colonisation and slavery
  • Religion, secularisation and Enlightenment thought
  • Gender, sexuality and the perception of the female body
  • Conceptions of improvement or degeneration in art, design and architecture; as well as in literature and philosophy
  • The notion of change and teleological narratives of progress
  • The ambiguities surrounding the notion of progress and the uncertain boundaries between improvement, stagnation and degeneration

All submissions should be sent to montpellierconference2026@gmail.com for consideration. Submissions can be in either French or English. For individual papers, please send abstracts of 250 words and a short biography. For fully formed panels, (3-4 speakers), roundtables or workshops please send abstracts of 250 words for each paper along with brief details of the proposed theme, biographies of speakers, and proposed chair. CFP opens 7th January 2026 and closes 31st March 2026.

Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
Alice Marion-Ferrand

 

CFP : Sociabilités épistolaires en mouvement : message, médium et mobilité en Europe et dans les colonies au long XVIIIe siècle (1650-1850)

F. N. Bédigis, L’Art d’écrire : démontré par des principes approfondis, et développés dans toute leur étendue,
Paris : Butard, 1768, p. 34, disponible sur GallicaBNF.
Journée d’étude doctorant·es et jeunes chercheur·se·s 

Comité d’organisation :
Marilou Guen (HCTI, UBO)
Adnana Sava (HCTI, UBO)
Diana Rodová (CRBC & HCTI, UBO)

Comité scientifique :
Kimberley Page-Jones (HCTI, UBO)
Valérie Capdeville (ACE, Rennes 2)
Alain Kerhervé (HCTI, UBO)

Appel à communications

Le long XVIIIe siècle est reconnu par les spécialistes comme un âge d’or de l’écriture épistolaire, marquée par l’essor de réseaux de correspondances transnationaux et transatlantiques au sein des élites. Ce siècle, fort d’un engouement sans précédent, surtout en Grande-Bretagne, donne lieu à une floraison d’ouvrages relevant tantôt de la production savante (guides théoriques, manuels épistolaires), tantôt littéraire (romanesque, sentimentale, générale, de personnalités) contribuant au renouvellement des codes, des modèles (narratifs) et des représentations (souvent genrées) de l’écriture épistolaire. Parallèlement à cela, les avancées des modes et des moyens de transport, des dispositions logistiques, notamment via les systèmes de postes, redéfinissent les rapports à cette pratique sociale constamment mise à l’épreuve par les contraintes matérielles qui conditionnent sa genèse, son acheminement et sa conservation.
Si la critique a mis au jour, depuis plusieurs décennies, les corpus, les paramètres et les outils d’examen de cette « forme en transit » (Diaz, 2002 :8) qu’est la lettre – ce texte et objet « hybride » et « plurivoque » (Diaz, 2002 :68) –, la cartographie des réseaux épistolaires demeure relativement récente. Dans le même registre, la dimension sociale des correspondances et l’étude des diverses sous-catégories génériques de l’écriture épistolaire ont suscité de nouvelles approches et ont engagé des études transdisciplinaires sondant leurs rapports avec d’autres pratiques culturelles, au premier rang desquelles figure le voyage. La formule de Pierre-Jean Dufief l’illustre à tous points de vue : « La lettre voyage, naturellement, nécessairement » (Dufief, 2007 :5). Qu’il s’agisse des modalités d’écriture, des multiples cadres de son « nomadisme », ou encore des diverses interactions qu’elle ouvre avec l’ailleurs, l’autre et soi(-même), la lettre amplifie, prolonge et renouvelle les espaces du dialogue. De fait, elle constitue à elle-même un espace de sociabilité où interagissent et s’entrecroisent nombre de paramètres – voix, lieux communs, imaginaires, etc. – dans lesquels expéditeurs, destinataires, lecteurs de soi et de l’autre partagent tous l’impératif du déplacement auquel est soumis le texte qui les met en correspondance. N’est alors plus seulement sondé ce que la missive transmet, mais ce qu’elle incarne.
Cette journée d’étude se propose ainsi d’interroger les dynamiques de ces liens d’inter-médiation et d’inter-dépendance qui s’articulent entre la lettre et ses circulations, qu’elles soient matérielles ou figurées, en se concentrant sur trois axes :

• le message (le sens de la lettre, ce qu’elle transmet…),

• le médium (la matérialité de la lettre et ses potentialités, comme support, vecteur d’idées, de savoirs, d’émotions, de sociabilité(s)),

• la mobilité (les considérations logistiques, le voyage physique ou symbolique, réel ou figuré qu’elle implique, les mouvements de la lettre).

Les propositions articulant deux des trois axes choisis pour cette journée et les études comparatives sont encouragées. Dans cette perspective, les communications pourront envisager les directions suivantes :

• La matérialité de la lettre et les dispositifs logistiques qui conditionnent l’échange épistolaire. On pourrait ainsi s’interroger sur la manière dont le parcours physique – qu’il s’agisse de services de poste, d’acheminement maritime, ou d’autres formes de circulation–, ainsi que l’ensemble des contraintes liées à leur mobilité matérielle, ont influencé la bonne (ou mauvaise) réception des lettres ; par extension, sur la qualité et la nature des relations qui existent entre l’expéditeur et le destinataire.

• La matérialité de la lettre, qu’elle soit manuscrite ou non, et le sens qu’elle révèle ou, au contraire, qu’elle dissimule. Pourront être étudiés les éléments paratextuels de la lettre, mais aussi les traces du temps, les dessins, les déchirures, les signes et autres marques qui modifient et transforment à la fois le message qu’elle porte et la valeur qui lui est attribuée.

• La lettre comme médium ne se limitant pas à la transmission ou à l’échange d’informations, mais participant également à l’instauration et à l’entretien de liens de sociabilités, tout en articulant sa dimension discursive à sa dimension tangible.

• La dimension narrative de la lettre, résidant dans sa capacité à prolonger le voyage de l’expéditeur et du destinateur, par le recours à la description et à l’évocation sensorielle. Elle peut alors devenir le support d’un déplacement figuratif en transmettant sur papier l’expérience d’un ailleurs.

Modalités de soumission

Cette journée d’étude s’adresse, en premier lieu, aux doctorant·es, jeunes chercheur·se·s et docteur·e·s ayant récemment soutenu leur thèse. Les projets de communication d’étudiant·es de master seront considérés avec intérêt.

Les propositions individuelles, rédigées en anglais ou en français, contenant nom, prénom, statut, affiliation, discipline, titre de la communication et un court résumé (300 mots), ainsi qu’une notice bio-bibliographique, doivent être transmises au plus tard le 15 décembre 2025 à l’adresse suivante : je.travellingletter@gmail.com.
Les interventions ne devront pas excéder 20 minutes. La réponse sera donnée la première semaine de janvier 2026.

La journée d’étude se tiendra en présentiel à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université de Brest, 20 rue Duquesne, à Brest, le 13 mars 2026.

Cette manifestation scientifique s’inscrit dans le cadre des activités organisées par le GIS Sociabilités (https://gis-sociabilites.org/), et s’intègre au programme scientifique 2022-2026 par les axes suivants :

*Sociability of Things : Sociability and objects (The circulation of commodities : from local to global perspective)

*Sociability and Travel : The Traveller’s Sociability (Means of transportation, The logistics of hospitality: planning, letters of introduction)

Par les thématiques dont elle traite, elle rejoint également le séminaire interdisciplinaire 2024-2026 du GIS : « The Politics of the Sociable Self : Theories and Practices (1650-1850)».

Pour télécharger le CFP avec sa version anglaise : CFP JE Letter & Travel FINAL sans notes

 

Louis Pichot

HAL : Pourquoi, comment et quoi faire ?

  •  

HAL, c’est quoi et pourquoi l’utiliser ? Prenez de l’avance

Si tu es chercheur·euse ou doctorant·e, tu as sûrement entendu parler de HAL (Hyper Articles en Ligne), cette mystérieuse archive ouverte où atterrissent les publications scientifiques. Mais pourquoi y déposer ses travaux ?

D’abord, HAL, c’est du libre accès. Cela signifie que n’importe qui (les étudiant·es, les chercheur·euses, et même tata Monique) peut consulter tes recherches sans payer un abonnement (souvent hors de prix) à une revue. C’est un moyen d’élargir son lectorat tout en respectant les droits des auteur·ices. De plus, c’est une archive institutionnelle soutenue par plusieurs organismes de recherche, ce qui permet d’archiver de façon pérenne, officielle et sécurisée les résultats de ses recherches.

En plus, ton établissement (coucou Nantes Université) recommande vivement d’y déposer tes publications car c’est obligatoire pour l’évaluation HCERES (le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). Dans le cas de ta thèse, c’est carrément/même obligatoire ! Déposer dans HAL, c’est aussi une façon de remplir tes engagements envers la structure qui te finance, notamment si ton contrat doctoral provient d’un financement ANR (Agence Nationale de la Recherche) ou comme Horizon 2020. Et cerise sur le gâteau : c’est une protection contre le plagiat, un archivage pérenne et une visibilité accrue. En gros, c’est vraiment le couteau suisse de la science ouverte.

Attention, distinction cruciale !

Avant de foncer tête baissée et de balancer tous tes fichiers sur HAL, il faut bien faire attention : toutes les versions d’un même article ne sont pas équivalentes.

  • 1. Le preprint : c’est la version que tu soumets à un éditeur, celle qui n’a pas encore subi les épreuves (demande de modifications et peaufinage des relecteurs scientifiques et éditeurs).
  • 2. Le postprint (ou version auteur acceptée) : c’est la version corrigée après évaluation par les pairs, mais avant la mise en page éditeur. C’est souvent celle-ci qui est autorisée à être publiée sur HAL.
  • 3. La version éditeur : c’est celle toute belle, mise en page par la revue, et souvent protégée par abonnement

Tu peux mettre ces trois versions sur HAL, mais pas n’importe comment. Les droits diffèrent selon l’éditeur et le type de document.

Et la propriété intellectuelle dans tout ça ?

La loi protège toute œuvre originale, et en tant qu’auteur·ice, tu as des droits inaliénables, ce qui veut dire qu’on ne peut pas citer ton texte n’importe comment (droit moral) et que tu gardes la paternité du texte. En revanche, les droits patrimoniaux (qui permettent de tirer un bénéfice financier des textes), eux, peuvent être cédés à un éditeur, souvent pour 70 ans. Pour plus de détails sur ce point tu peux consulter ce site : https://www.sacd.fr/fr/droit-moral-droit-patrimonial).

Bonne nouvelle : depuis 2016, la Loi pour une République numérique permet aux chercheur·euses de diffuser leurs articles si leur recherche a été financée au moins pour moitié par des fonds publics  – ce qui est souvent le cas dans un laboratoire.

Mais attention, en sciences humaines et sociales, il y a un embargo de 12 mois sur la diffusion des postprints. Il faut donc attendre avant de pouvoir mettre ses publications en accès libre.

Configurer son compte HAL, c’est (presque) comme créer un profil sur un réseau social

Si tu veux que ton profil HAL soit bien optimisé, il faut :

  • 1. Compléter ton profil (affiliation, discipline, préférences de dépôt…)
  • 2. Associer ton ORCID (Open Researcher and Contributor ID), un identifiant unique utilisé pour suivre tes publications et éviter les confusions entre auteurs homonymes. Certains éditeurs le demandent lors de la soumission d’un article. Pour en savoir plus : https://orcid.org/
  • 3. Vérifier que ton nom est bien orthographié sous toutes ses variantes possibles (Si une revue a publié ton nom avec une faute de frappe il y a des années, il ne faut pas l’oublier par exemple !)

Et surtout, pense à affilier correctement les auteur·ices à chaque dépôt pour éviter que tes co-auteur·ices ne disparaissent dans les limbes d’Internet.

Le dépôt dans HAL : mission pas si impossible

Quand tu veux déposer un document, tu dois :

  • 1. Sélectionner le bon type de document (article, chapitre, communication…)
  • 2. Remplir les métadonnées (titre, auteur·ice, DOI…)
  • 3. Vérifier que ton document n’est pas déjà sur HAL, et aurait été déposée par un.e coauteur.ice (le site fait une vérification, mais un petit coup d’œil en plus ne fait jamais de mal)
  • 4. Choisir si ton fichier sera visible immédiatement ou après un embargo (6-12 mois si nécessaire)

Une fois déposé, ton fichier est vérifié par une équipe humaine (oui, des vraies personnes qui lisent tout !). Ensuite, il sera référencé sur Google Scholar, les moteurs de recherche des bibliothèques et même Google tout court.

⚠️ À savoir : Une fois un fichier déposé dans HAL, impossible de le supprimer. Donc, réfléchis bien avant de cliquer sur “valider” !

Pour les chapitres d’ouvrage, ça se complique un peu

Si tu veux déposer un chapitre d’ouvrage, il faut vérifier la politique de ton éditeur·ice et obtenir une autorisation si nécessaire. Moi personnellement, j’ai reçu ce genre de réponse :

« En raison de notre accord existant avec les plateformes de distribution de livres numériques, nous regrettons de ne pas pouvoir autoriser la publication des textes des contributeurs sur des archives en ligne en accès libre. Cela pourrait en effet entraîner des conflits avec les bases de données telles que Cairn ou Numérique Premium, ainsi que des problèmes de référencement. Nous ne pouvons pas créer ainsi de concurrence sur le marché du livre numérique.

Merci pour votre compréhension. »

 Cela me laisse penser que c’est très difficile de publier sur les archives ouvertes des chapitres de livres, du moins quand l’article est aussi disponible via Carin ou d’autres plateforme. Mais cela vaut toujours le coup de demander !

En revanche, si tu publies une communication de colloque, aucun souci, la loi permet de la diffuser sans vérification préalable. Tu peux dans tous les cas déposer des notices de tout ce que tu fais ou publies même si tu ne déposes pas le texte complet.

À savoir

Le Syndicat national de l’édition (SNE) représente les intérêts des éditeurs et rappelle que l’édition est un travail. Ce rapport de force n’est pas toujours à l’avantage des chercheur·euses, et le droit est une ressource essentielle dans cette lutte. Plus d’infos sur le site du SNE : www.sne.fr.

Certains organismes encouragent la stratégie de non-cession des droits (Rights Retention Strategy) pour éviter que les éditeur·ices ne s’accaparent totalement la diffusion de nos travaux. En gros : mieux vaut être au courant avant de signer un contrat.

Voilà, maintenant tu sais tout (ou presque) sur HAL ! Alors, convaincu·e ? Prêt à rendre tes recherches accessibles au monde entier et à briller dans la galaxie du libre accès ? 🚀

Et si jamais ce billet ne répond pas à toutes tes questions, sache que les équipes des BU (très compétentes et très sympas) sont là pour t’aider et t’accompagner dans le processus. N’hésite pas à les solliciter, c’est leur métier !

Louis Pichot

 

Programme: “Centre(s), marges, relégation aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les îles britanniques, en Amérique du Nord et en France” (Rouen, 25-26 septembre 2025)

17e journées doctorant·e·s et jeunes chercheur·euse·s de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles (SEAA 17-18) et de la Société Française d’Étude du Dix-huitième siècle (SFEDS), avec le soutien de la Société d’Étude du XVIIe Siècle, et en partenariat et avec l’appui de l’Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles (ERIAC-UR 4705), du Centre d’Études et de Recherche Éditer/Interpréter (CÉRÉdI-UR 3229), et du Groupe de Recherche d’Histoire (GRHis-UR 3831).

Jeudi 25 septembre

Salle de conférences de la Maison de l’université

9h00 — Accueil des participant·e·s

9h30 — Ouverture & Introduction, par Claire Gheeraert-GraffeuilleCarine Lounissi & Floriane Daguisé (Université de Rouen Normandie), Pierre Lurbe (président de la SEEA 17-18) et Alice de Nanteuil (Université de Rouen Normandie) & Alice Marion-Ferrand (Université de Montpellier Paul-Valéry)

10h15 — Panel 1 : Altérité et valeur : circonscription impériale

  • Vanille Reintjes (Université de Strasbourg), « La laideur orientale dans The Faerie Queene d’Edmund Spenser : effondrement d’un imaginaire poétique et exotique »
  • Lauriane Cherki (Sorbonne Université), « Relégation des individus et hiérarchisation des territoires : l’empire britannique au prisme de la déportation pénale en Amérique du Nord au XVIIIe siècle »

11h15 — Pause café

11h30 — Panel 2 : Savoir et indépendance : décentrements épistémologiques

  • Jean-Antoine Engel (Université Sorbonne Nouvelle), « L’éducation anglaise de Stanihurst dans le Foras Feasa ar Éirinn de Geoffrey Keating (c. 1634) »
  • Louis Pichot (Nantes Université), « Edinburgh from Margin to Center: Anxiety of Peripherisation and the Struggle for Intellectual Recognition (1745-1765) »

12h30 — Déjeuner (Restaurant La Terrasse)

Salle des thèses de l’IRIHS

14h00 — Panel 3 : Pouvoir et contre-pouvoir : marginalité et centralité féminines

  • Mathilde Alazraki (Université Sorbonne Nouvelle), « La place du harem musulman dans la diplomatie anglaise en Orient : d’acteur marginal à lieu d’échanges central »
  • Jeanne Baudon (Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), « Dans l’ombre des affaires publiques. Les femmes et la politique à travers la correspondance révolutionnaire aux États-Unis (1775-1783) »
  • Orlane Drux (Université de Rouen Normandie), « L’éloignement éducatif : les expressions et représentations d’une pédagogie de l’affranchissement ou l’émergence d’un contre-pouvoir féminin dans les écrits de Mary Wollstonecraft et Mary Pilkington »

15h30 — Pause café

15h45 — Panel 4 : Autorité et notoriété : le(s) genre(s) en question

  • Nolwenn Pamart (Université de Rouen Normandie & Université de Montréal), « Ninon de Lenclos ou la fabrique d’une femme illustre : circulation et traduction des éditions entre 1750 et 1790 »
  • Mathilde-Éléonore Duhot-Dacquin (Université de Lille & Universität Duisburg-Essen), « “How Can We Know What Comedy Shou’d Be”: Dramatic Genre as Constraint and Opportunity in the Careers of Siddons and Jordan »

16h45 — Pause café

17h00 — Table ronde méthodologique : le post-doctorat

  • Claire Schiano-Locurcio (Aix-Marseille Université)
  • Mathilde Mougin (Université de Lyon, Université Libre De Bruxelles & Université de Liège)

18h00 — Réunion du Collège des doctorant·e·s de la SEAA et de la SFEDS

20h00 — Diner de colloque (Brasserie Paul)

Vendredi 26 septembre

Atelier de la Maison de l’université

9h00 — Petit-déjeuner des doctorant.e.s

Salle de conférences de la Maison de l’université

10h00 — Panel 5 : Religion et domination : centralisation ou marginalisation spirituelles

  • Lucien Grillet (Université de Rouen Normandie), « John Livingstone (1603-1672) et la communauté presbytérienne écossaise, des marges au centre du jeu politique dans la première moitié du XVIIe siècle »
  • Claire Schiano-Locurcio (Aix-Marseille Université), « “Exiled pilgrims & true strangers” : l’exil des religieuses anglaises de l’ordre de sainte Claire à l’époque moderne »
  • Maïann Stachnik (Sorbonne Université), « Raconter une expérience de conversion marginale : la vie d’un jeune serviteur autochtone christianisé de Martha’s Vineyard »

11h30 — Pause café

11h45 — Panel 6 : Liberté et contrôle : politique du divertissement

  • Amélie Briard (Université de Rouen Normandie), « La parole du fou au service du pouvoir : enjeux politiques et dramaturgiques du personnage de Moron dans La Princesse d’Élide de Molière »
  • Félix Brêteau & Pierre-Alexandre Delorme (Université de Caen Normandie), « Policer Caen en période de carnaval : contrôler le centre-ville, disperser la fête »

12h45 — Pause déjeuner (Restaurant La Terrasse)

14h15 — Panel 7 : Normes et canons : théâtre, l’envers du décor

  • Méline Dumot (Université Clermont-Auvergne), « Henry VIII : une pièce shakespearienne marginalisée ? »
  • Federico Siragusa (Université de Rouen Normandie & Université de Montréal), « Théâtre et marginalisation au XVIIe siècle : le cas de Denis Clerselier de Nanteuil, le Molière des marges »

15h15 — Conclusion

16h00 — Visite guidée de Rouen

Comité d’organisation

  • Claire Gheeraert-Graffeuille (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Carine Lounissi (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Floriane Daguisé (Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI)
  • Alice de Nanteuil (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Amélie Briard (Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI)
  • Orlane Drux (Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI)
  • Lucien Grillet (Université de Rouen Normandie, GRHis)
  • Alice Marion-Ferrand (Université de Montpellier Paul-Valéry, IRCL)

Comité scientifique

  • Sylvaine Bataille (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Marc Martinez (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Christopher Hamel (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
  • Tony Gheeraert (Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI)
  • Laurence Macé (Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI)
  • Stéphane Haffemayer (Université de Rouen Normandie, GRHis)

Potrait de l'autrice, Alice Marion-Ferrand
Alice Marion-Ferrand